Académie royale de Médecine de Belgique

|

27 févr. 2018. Corinne Charlier: La pollution de l'environnement par les perturbateurs endocriniens, poisons quotidiens responsables de sabotage hormonal

Le concept de perturbation endocrinienne est apparu il y a 20 ans avec les premières publications relatives à l’action - chez l’Homme - de produits chimiques sur la fonction gonadique. Des pesticides organochlorés, principalement le DDT, mais aussi les PCBs, les phtalates, le triclosan, le tributylétain, les parabènes ou le bisphénol A, ont été régulièrement soupçonnés puis reconnus assez largement comme agents causals, ou comme facteurs de risque de pathologies endocriniennes, parmi lesquelles le cancer du sein, l’hypofertilité masculine ou la puberté précoce. Ce sont en effet les perturbations de l’axe des stéroïdes sexuels qui sont le mieux décrites dans la littérature.

Mais l’axe des stéroïdes sexuels n’est pas le seul concerné. L’exposition à certains produits chimiques comme le bisphénol A, les PCBs ou les phtalates, est susceptible d’entraîner des perturbations pouvant conduire à l’obésité et/ou au diabète par dysrégulation du métabolisme énergétique sous le contrôle de la fonction thyroïdienne. Des perturbations neuro-développementales sont également suspectées aujourd’hui.

Ainsi, les perturbateurs endocriniens peuvent agir sur de multiples cibles biologiques (transmetteurs, enzymes, hormones, récepteurs, …), ce qui explique la complexité du problème, accentuée par le grand nombre de produits chimiques concernés et qui sont susceptibles d’être retrouvés dans les différents compartiments de notre environnement.