Académie royale de Médecine de Belgique

|

Résumé Joost Dirk Dürrer, correspondant étranger

(Séance du samedi 30 janvier 1982)  

LE RÔLE DU NITROPRUSSIATE DE SOUDE DANS LE TRAITEMENT DE L’INFARCTUS AIGU

par Joost Dirk DÜRRER (Département de Cardiologie et de Physiologie clinique, Wilhelmina Gasthuis, Université d’Amsterdam), et collaborateur.      

Nous avons investigué l’efficacité du nitroprussiate (SNP) comme agent réducteur de la taille de l’infarctus dans une étude randomisée et contrôlée, limitée à un seul centre et aux patients admis dans notre unité de soins intensifs avec un infarctus myocardique aigu au stade précoce.

Notre hypothèse de travail était qu’un agent réducteur de la taille d’un infarctus produirait les effets suivants : 1) diminution de la mortalité à une semaine ; 2) diminution de l’incidence des complications comme la décompensation gauche et le choc cardiogénique ; 3) diminution du pic moyen des CPK-MB.

A partir d’un total de 906 malades, nous adressés pour précordialges aiguës, nous avons étudié 328 patients consécutifs chez qui le diagnostic formel d’infarctus aigu a pu être retenu. Les critères d’exclusion suivants furent utilisés : présence d’un choc cardiogénique et/ou d’un œdème pulmonaire franc, pression artérielle systolique inférieure à 95 mm Hg, tachycardie avec fréquence ventriculaire supérieure à 120/min, antécédents de deux ou plusieurs infarctus et délai d’admission incertain.

Les patients furent randomisés en un groupé traité par SNP et un groupe recevant un traitement contrôle. Les deux groupes étaient cliniquement comparables en tout point. Aucun monitorage invasif ne fut utilisé et la pression artérielle fut mesurée indirectement. La perfusion de SNP fut commencée à la dose de 15 microgrammes à intervalles de 1 à 3 min jusqu’à obtention du niveau tensionnel désiré ou atteinte de la dose de 500 microgrammes/min. La dose totale moyenne de SNP/24 heures fut de 181 mg. Pour l’analyse statistique, la méthode séquentielle d’Armitage fut utilisée.

L’essai fut interrompu lorsque nous avons compté 18 décès à une semaine dans le groupe contrôle, contre cinq dans le groupe traité par SNP. A ce moment, la limite prédéterminée du diagramme d’Armitage était dépassée, ce qui indiquait la supériorité du traitement au nitroprussiate par rapport au traitement de routine.

Le SNP diminue significativement l’incidence du choc cardiogénique et de la décompensation gauche. Le pic moyen des CPK-MB fut aussi abaissé dans le groupe traité par SNP.

Le SNP fut particulièrement efficace chez les patients à infarctus antérieur admis dans les quatre heures après l’installation des symptômes. Dans ce groupe, le nombre moyen d’injections d’analgésiques (principalement le Thalamonal) diminue, le SNP fut moins efficace dans l’infarctus inférieur. C’est un médicament sûr à la condition que des précautions strictes soient respectées. Il mérite une place dans le traitement de l’infarctus aigu. Des études contrôlées sont nécessaires pour déterminer les sous-groupes d’infarctus inférieurs où le SNP pourrait être indiqué.    

(Pas de Summary)