Académie royale de Médecine de Belgique

|

Vidéo et résumé de Sophie Lucas

(Ont pris part à la discussion : MM. les Prs J. Boniver, B. Lauwerys, J.-M. Kauffmann, B. Lauwerys, G. Casimir et G. Moonen).

L’IMMUNOSUPPRESSION PAR LES LYMPHOCYTES T RÉGULATEURS : ASPECTS FONDAMENTAUX ET PERSPECTIVES CLINIQUES POUR L’IMMUNOTHÉRAPIE DU CANCER

par Sophie LUCAS (Institut de Duve - UCL), invitée.                 

Vingt ans après la découverte des antigènes reconnus par les lymphocytes T à la surface des cellules cancéreuses, les premières thérapies reposant sur la stimulation des réponses immunitaires anti-tumorales sont entrées dans la pratique clinique, et donnent des résultats impressionnants. Ces résultats suscitent un enthousiasme légitime dans le domaine, et l’immunothérapie est aujourd’hui considérée comme un pilier prometteur des thérapies du cancer. Ces thérapies ne font cependant preuve d’efficacité clinique que chez une minorité des patients atteints de cancer métastatique. L’influence immunosuppressive du microenvironnement tumoral représente un facteur limitant l’efficacité de ces approches. Mon équipe de recherche explore l’hypothèse que des cellules immunitaires connues sous le nom de lymphocytes T régulateurs, ou Tregs, contribuent significativement à l’immunosuppression des réponses immunitaires contre les tumeurs. Les Tregs sont une sous-population de lymphocytes T CD4+ spécialisés dans l’inhibition des réponses immunitaires. Ils sont indispensables au maintien de la tolérance immunitaire mais ils jouent un rôle délétère dans le cancer. Nous avons identifié un mécanisme moléculaire par lequel les Tregs suppriment les réponses immunitaires. Ce mécanisme implique la protéine membranaire GARP, qui présente le TGF-ß1, une cytokine puissamment immunosuppressive, à la surface des Tregs activés. Nous discuterons comment cibler les complexes GARP/TGF-ß1 avec des anticorps monoclonaux, et comment ceux-ci pourraient contribuer à l’arsenal thérapeutique de l’immunothérapie du cancer.