Académie royale de Médecine de Belgique

|

Dépôt du troisième rapport sur la Protection contre les Radiations Ionisantes

             Le texte amendé par la Commission mixte a été distribué. Il n’a fait l’objet que d’une seule remarque, émanant de M. P. Govaerts. Celui-ci signale qu’il est regrettable de limiter l’application du point 4 aux enfants de moins de 14 ans et aux adolescents des écoles primaires et moyennes. Ces examens sont en effet également imposés à des adolescents en apprentissage. Il paraît donc indiqué de supprimer dans la première phase de ce point 4 les termes superflus et de parler simplement des enfants et des adolescents. L’accord de la « Koninklijke Vlaamse Academie voor Geneeskunde » sera sollicité d’urgence sur ce point. Sous cette réserve, le texte auquel s’arrête l’Académie sera donc celui donné ci-dessous :

            La Commission mixte, chargée de l’étude du danger des rayons ionisants, composée de MM. E. Derom, P. Lambin, P. Desaive et M. Millet, de l’Académie de Médecine, et de MM. J.P. Bouckaert, P. Hooft, G. Vanderschueren et A. Gyselen, de la « Vlaamse Academie voor Geneeskunde », après avoir pris connaissance du manifeste du 12 novembre 1958, signé par les Professeurs F. De Witte, A. Heyndrickx, Vandendriessche et Van Vaerenbergh, de l’Université de Gand, ainsi que de la lettre du 3 mars 1959 de M. le Ministre de la Santé publique et de la Famille et après en avoir délibéré au cours des réunions du 28 février, 21 mars, 25 avril, 18 juillet et 26 septembre 1959, a soumis les propositions suivantes à l’approbation des deux Académies qui les ont adoptées en séance du 31 octobre 1959.

1)  Au moment où les rayons ionisants sont en augmentation constante, aussi bien par le développement du « background radiation » que par l’utilisation croissante, dans le domaine médical, des rayons X et des radio-isotopes, le danger physique et génétique qui en résulte doit être réduit par tous les moyens adéquats sans nuire cependant à l’exercice d’une médecine bien comprise.

2)  Etant donné que la radioscopie du thorax expose davantage au danger des rayons que la radiophotographie et cette dernière plus que la radiographie standard, il y a lieu de limiter l’emploi de la radioscopie, dont les indications propres ne sont pas discutées, et de la remplacer, dans la mesure du possible, dans la médecine curative, par la radiographie, surtout à l’aide de la caméra au miroir.

3)  La répétition injustifiée d’examens radiologiques doit être évitée par des mesures adéquates.

4)  L’examen radiologique préventif annuel, auquel sont soumis les enfants et les adolescents, doit être réservé : 1°) à ceux d’entre eux ayant spontanément acquis une réaction positive à la tuberculine ; 2°) à ceux qui, ayant été antérieurement vaccinés au BCG, présenteraient des symptômes suspects, ou vivraient dans un milieu au sein duquel on aurait décelé un foyer de contamination tuberculeuse. Les enfants à réaction négative ne subiront qu’un seul examen radiologique et seront soumis une ou deux fois par an à un test à la tuberculine. Le fait d’axer la prophylaxie antituberculeuse à l’âge scolaire sur la tuberculino-réaction, suppose que des mesures soient prises pour annoter le résultat des vaccinations au BCG dans le carnet sanitaire.

5)  Lors de tout examen radiologique, aussi bien dans la médecine préventive que curative, les mesures nécessaires devront être prises afin de protéger les organes génitaux. Ce point s’applique spécialement aux jeunes enfants et aux femmes enceintes ; de même, il conviendrait d’effectuer autant que possible les examens radiologiques de la région pelvienne, chez la femme, au cours des dix jours qui suivent la menstruation.

6)  Il est souhaitable de prier les médecins et les praticiens de l’art dentaire utilisant des appareils de radiologie et des radio-isotopes, de faire la preuve de leur compétence dans le domaine intéressé.

7)  Il est désirable de soumettre toutes les installations radiologiques du pays à une inspection périodique de leurs qualités techniques, des conditions de leur travail et des mesures de protection qui y sont prises contre le danger des radiations.

8)  Sans entrer dans les détails des dangers liés à la radiothérapie et de ceux qu’implique l’usage des radio-isotopes naturels et artificiels, comme moyen de diagnostic et de traitement, la Commission attire l’attention sur la nécessité de prévoir dans ce domaine une réglementation sévère.

9)  Les Académies souhaitent pouvoir émettre un avis au sujet des dispositions réglementaires que le Ministre estimerait devoir édicter en la matière.

            Séance du 31 octobre 1959.