Académie royale de Médecine de Belgique

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Discussion de la communication faite par M. J. Roskam, Membre titulaire, dans sa séance du 27 février 1960, sur les "Aspects nouveaux des problèmes de l'hémostase, de la thrombose et de la coagulation sanguine"

           M. C. Heymans. – Je crois savoir que M. Roskam – il me l’a d’ailleurs soufflé dans l’oreille – possède encore quelques renseignements complémentaires sur le mécanisme de l’action des plaquettes dans l’hémostase, et je serais heureux s’il voulait bien nous les communiquer.

            M. J. Roskam. – En effet, tout à l’heure, j’ai signalé à notre Collègue C. Heymans quelques données nouvelles récemment exposées au Symposium sur les plaquettes sanguines de Detroit (U.S.A.) et qui situent le rôle de ces éléments dans l’hémostase spontanée et la thrombose sur un plan singulièrement élargi du point de vue de la physiologie générale.

            Lüscher avait montré naguère à Berne, que les plaquettes contiennent une « protéine S » coagulable, peut-être à rapprocher du « clottable factor » de Ware et Seegers. De son côté Bounameaux et Salmon avaient prouvé qu’elles renferment du fibrinogène. Tout dernièrement, Galland-Bettex et Lüscher semblent bien y avoir identifié de l’actomyosine qui, selon ce dernier auteur, pourrait constituer, associée au fibrinogène, la protéine S.

            D’autre part, Born, d’Oxford, a constaté la présence dans les plaquettes normales de fortes concentrations d’A.T.P. ainsi que la consommation de ce dérivé au cours de la coagulation sanguine. Ultérieurement, Lüscher compléta cette observation en découvrant au cours de la rétraction du caillot, qui, selon toute vraisemblance, relève de la métamorphose visqueuse des plaquettes ; 1°) une brusque accélération de la glycolyse au sein de ces éléments, avec élévation d’acide lactique, bientôt suivie d’un arrêt complet par épuisement ou inhibition du système glycolytique et 2°) conjointement après une augmentation rapide et transitoire de la teneur en A.T.P., sa chute bien au-dessous des valeurs normales.

            L’ensemble de ces faits rapproche évidemment la rétraction du caillot, et par elle la métamorphose visqueuse, de la contraction musculaire et témoigne d’une grande unicité des processus métaboliques élémentaires mis en œuvre pour l’exécution de fonctions en apparence très dissemblables.

            M. le Président tient, avant de clore la discussion, à souligner une fois de plus l’importance de la communication que M. Roskam à faite à notre dernière séance et à le remercier pour le complément de renseignements qu’il vient de nous donner.

            Séance du 26 mars 1960.