Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé Vincent Meininger

LA SCLÉROSE LATÉRALE AMYOTROPHIQUE : QUOI DE NEUF DEPUIS CHARCOT ?

par Vincent MEININGER (Hôpital Pitié-Salpêtrière – Paris), invité.                 

La sclérose latérale amyotrophique ou SLA est une maladie neurodégénérative touchant les motoneurones du cortex cérébral, de la corne antérieure de la moelle épinière  et du bulbe.

Sa fréquence est estimée pour l’incidence (nombre de nouveaux cas par an) à environ 2,5 cas pour 100.000 et sa prévalence (nombre des cas par an au total) à 7 cas pour 100.000.  Elle survient chez l’adulte le plus souvent entre 40 et 65 ans, touchant un peu plus souvent l’homme que la femme. Le mode de début est variable, marqué par une paralysie soit des membres (forme spinale), soit de la sphère ORL (forme bulbaire). Des formes de début plus atypiques peuvent se rencontrer avec des formes à début respiratoire, des formes cachectiques, des formes cognitives débutant par des troubles comportementaux. Entrainant des paralysies progressives, la SLA touche aussi les muscles respiratoires à l’origine d’une insuffisance respiratoire restrictive responsable du décès, le plus souvent entre 24 et 36 mois. L’association à des troubles cognitifs et comportementaux, longtemps méconnue, est de mieux en mieux identifiée et toucherait plus de la moitié des patients avec parfois des atteintes démentielles de type fronto temporale. Bien que le cœur de la maladie soit représenté par l’atteinte des motoneurones centraux et périphériques, il existe une grande hétérogénéité tant dans la présentation clinique que dans l’évolution. Le diagnostic repose essentiellement sur les données cliniques et sur l’électroneuromyogramme ainsi que sur la normalité du bilan biologique et de l’imagerie. Ses causes restent méconnues, mais environ 10% patients présentent une mutation génétique avec quatre gènes responsables de la majorité de ces formes, notamment le gène codant pour la superoxyde dismutase (SOD), premier gène à avoir été identifié. Parmi les mécanismes de la neurodégénérescence identifiés, les plus probablement responsables sont l’agrégation protéique, l’inflammation, le stress oxydant, ainsi que l’hyperexcitabilité par excès de glutamate.

La prise en charge est essentielle et doit être débutée le plus précocement possible. Elle repose sur le seul traitement étiologique disponible, le riluzole qui est un antiglutamate, et sur une suivi régulier tous les trois mois, si possible dans un centre expert, permettant de faire un bilan régulier des fonctions motrices, nutritionnelles et respiratoires. La correction précoce des déficiences nutritionnelles et respiratoires sont essentielles et ont permis d’influencer notablement la durée de vie. De nombreuses tentatives de traitement ont été faites depuis deux décennies, toutes infructueuses avec parfois un effet adverse. De nouvelles approches sont proposées notamment par l’utilisation de molécules ayant pour cible le muscle et la jonction neuromusculaire, mais aussi par le développement de nouvelles technologies, comme les cellules souches ou la thérapie génique.