Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé Pierre Van Antwerpen

LA MYÉLOPEROXYDASE, UN NOUVEAU PARADIGME À LA BASE DES MALADIES  CARDIOVASCULAIRES ?

par Pierre VAN ANTWERPEN (Faculté de Pharmacie, ULB), invité.                

Le 12 avril 1945, soit deux mois après les accords de Yalta, Franklin Roosevelt décède d’une hémorragie cérébrale avec une tension à 300/190 mm Hg.  Cet événement a  précipité la création  du « National Heart Institute » et le lancement d’une étude épidémiologique pour notamment « déterminer les facteurs qui prédisposent » aux maladies cardiovasculaires : l’étude de Framingham. Très rapidement, cette étude identifie l’hypertension comme un facteur de risque de maladies cardiovasculaires, avant de considérer le diabète et le cholestérol comme étant d’autres facteurs associés à ce risque.

A la même époque (1941), Kjell Agner relate la découverte d’une protéine verte dans du liquide purulent qu’il appelle verdoperoxidase. Vingt ans plus tard, Seymour Klebanoff la renomme myéloperoxydase, après avoir mis en évidence ses propriétés antiseptiques dues à sa présence dans les granules azurophiles des neutrophiles et sa capacité à synthétiser de l’acide hypochloreux dans les phagolysosomes. L’histoire de la myéloperoxydase va connaitre un rebondissement lorsqu’au tournant de ce siècle, elle est retrouvée dans les plaques athéromateuses, accompagnées des espèces chimiques qu’elle produit. Des études ultérieures montrent qu’une déficience génétique ou une teneur basse en cette enzyme diminue le risque d’événements cardiovasculaires.

Ces résultats ont incité de nombreux chercheurs à tenter de mieux comprendre le rôle de cette enzyme dans les maladies cardiovasculaires. Notre équipe en particulier, s’est attelée à cerner l’impact de celle-ci sur les apolipoprotéines indispensables au transport du cholestérol (apoB100 et apoA1). Nos résultats montrent que la myéloperoxydase agit de façon précoce dans la circulation en rendant les lipoprotéines pro-inflammatoires ou inopérantes, phénomènes qui favorisent l’initiation et le développement de la plaque athéromateuse mais également sa rupture. Dès lors, la modification des apolipoprotéines par la myéloperoxydase pourrait en soi constituer un nouveau facteur de risque. Dans ces conditions, la question suivante s’avère pertinente : « est-ce la quantité ou la qualité du LDL/HDL-cholestérol qui sont des facteurs déterminants dans le développement des maladies cardiovasculaires et de l’athéromatose en particulier ? ».

(Ont pris part à la discussion : MM. les Prs N. Clumeck, M. Goldman, B. Boland et Th. Godfraind).