Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Georges Franck, correspondant

(Séance du 27 avril 1985)

Intérêt de la tomographie à émission de positons dans l'exploration fonctionnelle du cerveau

La tomographie transverse par émissions de positons (T.E.P.) dérive de la scintigraphie conventionnelle par la même démarche que le scanner à rayons X dérive de la radiographie.  Elle est fondée sur la fixation au niveau d'un organe, par exemple le cerveau, d'un radiotraceur administré par voie générale.

La T.E.P. utilisé des molécules marquées par des radio-isotopes ou radionucléides, émetteurs de positons. Ces radio-isotopes ou radionucléides, émetteurs de positons. Ces radio-isotopes, produits par passage dans un accélérateur de particules appelé cyclotron, ont un noyau instable qui revient à l'état stable en émettant un électron chargé positivement, le positon (l'antimatière de l'électron naturel). Lorsque, dans la matière environnante, le positon rencontre un électron, la masse électronique de ces deux particules d'annihile et leur énergie est entièrement restituée sous forme de deux photons gamma de haute énergie (511 Kev) émis en coïncidence, selon le même axe, dans des directions opposées (180° l'un de l'autre). Ces deux photos traversent la matière et peuvent être captés par un tomographe constitué d'un anneau de détecteur multiples appariés 2 à 2. Les radioisotopes émetteurs de positons (150, 13N, 18F, 11C, ...) ONU deux caractéristiques qui les rendent particulièrement intéressants :

1. Leur demi-vie est courte, ce qui permet de réduire la dose de radiation et ainsi de réaliser des études séquentielles de divers paramètres; 2. Leur nature chimique est superposable à celle des principaux constituants de la matière biologique. Ils sont aisément substituables aux isotopes stables et incorporables dans des molécules d'intérêt biologique. Les molécules ainsi marquées auront un métabolisme quasi identique à celui des molécules naturelles, permettant ainsi une véritable exploration fonctionnelle des organes étudiés.

C'est ainsi que peuvent être réalisées par cette technique, des études de débit sanguin, de consommation d'oxygène et de glucose, de métabolisme des acides aminés et de synthèse protéique, des études de récepteurs à divers neurotransmetteurs.

Les auteurs se sont spécialement intéressés à l'étude de ces paramètres soit dans certaines conditions physiologiques, par exemple au cours des états de veille et de sommeil (sommeils lent et paradoxal), soit dans diverses conditions pathologiques telles que les épilepsies, en état intercritique et critique, ou de démences.

Ils mettent ainsi en évidence l'apport original de cette technique nouvelle, non seulement sur le plan physiopathogénique et thérapeutique.

(Summary non fourni)