Académie royale de Médecine de Belgique

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Décès du Pr Luigi Condorelli, membre honoraire étranger

(Séance du 25 octobre 1986)  

(Annonce faite par le Président Jean LEQUIME)

Décès du Professeur Luigi CONDORELLI, membre honoraire étranger.  

Le Professeur Luigi Condorelli est décédé, il y a peu, dans sa quatre-vingt-sixième année.

Notre Collègue est né à Rome en 1889.  Sa carrière universitaire débuta à l'Université de Rome en qualité d'adjoint à l'Institut de Pathologie médicale de cette Université en 1922. Il devient successivement licencié en Chimie physiologique (1924), licencié en Pathologie médicale (1926), licencié en Clinique médicale et Sémiologie (1927). A la même époque, il séjourna à l'Université de Vienne dans les services des professeurs Sternberg et Wenckebach. Devenu chef clinique à l'Université de Naples, il fut nommé en 1933, professeur de Pathologie médicale à l'Université de Cagliari et deux ans plus tard, à l'Université de Bari. En 1951, il obtint la Chaire de Clinique médicale à l'Université de Catane. Revenu à l'Université de Rome, il y fut tout d'abord professeur de Pathologie médicale en 1951, et devint en 1956, titulaire de la Chaire de Clinique médicale. Il conserva ce titre jusqu'à son accession à l'éméritat.

Le Professeur Condorelli s'est intéressé, pendant toute sa vie, à la Cardiologie, et a laissé plus de 300 publications et de nombreuses monographies. C'était un clinicien remarquable doublé d'un excellent expérimentateur. C'est ainsi qu'il imagina divers procédés personnels d'exploration du cœur : ceci rend parfois difficile la comparaison des résultats qu'il obtenait avec ceux des cardiologues utilisant les méthodes classiques, mises au point en particulier par Cournand.

Parmi les sujets auxquels il s'intéressa, on peut citer la pathogénie des crises  d'Adams-Stokes, la myocardite chronique, la physiopathologie de la circulation veineuse, la physiopathologie et le diagnostic des péricardites adhésives, la physiopathologie clinique de la sténocardie, etc...

Il joua un rôle important dans l'évolution de la Cardiologie italienne et internationale; il fut président d'honneur de la Société italienne de Médecine interne, de la Société italienne de Cardiologie, président de l' "International College of Angiology" et président d'honneur de la Société européenne de Cardiologie.

Il était membre de nombreuses Académies : l'Académie nationale de médecine de France, l'Académie du Monde latin, l'Académie serbe des Sciences et des Arts, l'Académie suisse des Sciences médicales, l'Académie nationale de Médecine d'Argentine, l'Académie nationale du Mexique, l'Académie de Médecine de Barcelone, l'Académie polonaise de Médecine, etc...

Il était aussi membre d'honneur d'innombrables sociétés parmi lesquelles je me contenterai de citer la "Deutsche Gesellschaft für Kreislaufforschung", la Société suisse de Cardiologie, la "British cardiac société", la Société espagnole de Cardiologie, etc...

Le Professeur Condorelli forma de nombreuses générations de médecins et nombreux, parmi ses anciens élèves, sont à l'heure actuelle professeurs dans diverses universités italiennes.

Condorelli était incontestablement un esprit original et avais une culture générale remarquable. Italien jusqu'au bout des ongles, il adorait son pays dont il connaissait de façon parfaite l'art et la littérature. Il avait pour moi une amitié réelle qui ne s'est jamais démentie au cours des années. Il aimait la Belgique où il vint donner des conférences à diverses occasions; il avait, en particulier, une grande affection pour notre confrère le Professeur Rijlant.

Son fils, notre collègue Marion Condorelli, est à l'heure présente un des maîtres de la Cardiologie italienne.

La fin de la vie du Professeur Condorelli fut assombrie par le décès de sa femme pour laquelle il avait une véritable vénération, et lui-même fut atteint d'une pénible maladie.

L'Académie royale de Médecine de Belgique, dont il était membre honoraire depuis 1978, présente à sa famille et plus particulièrement au Professeur Mario Condorelli, ses condoléances très émues.

C'est certainement une personnalité de premier plan qui disparaît.