Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de Stéphan Clément de Cléty, membre associé

L’ENFANT GRAVEMENT MALADE : DU NOUVEAU-NÉ A L’ADOLESCENT

par Stéphan CLÉMENT de CLÉTY (UCL).                

L’enfant, dès qu’il dépasse l’âge de quelques jours ou parfois quelques mois, a longtemps été considéré comme un adulte en miniature. Lorsqu’il était malade ou victime d’un accident, sa prise en charge a dès lors généralement été calquée sur celle de l’adulte. Ce fut souvent à tort.

La littérature médicale montre en effet que l’enfant est un être en croissance et que tous les systèmes sont concernés. La vitesse de maturation varie selon les systèmes et à l’intérieur de ceux-ci. Le système respiratoire possède des particularités, tant anatomiques que physiologiques, qui expliquent une réponse différente de l’enfant par rapport à l’adulte à des pathologies communes à tout âge. Le système cardiaque se développe également. Plusieurs travaux de recherche montrent, par exemple, que la structure du myocarde, sa résistance à l’ischémie et la densité de ses récepteurs varient selon l’âge, expliquant ainsi des besoins en inotropes parfois significatifs ou des variations de réponse chez l’enfant. Un volume sanguin supérieur et un risque majoré de syndrome de fuite capillaire chez le petit enfant justifient, en cas de choc, un remplissage proportionnellement plus élevé que chez l’adulte. La circulation pulmonaire connaît aussi une adaptation au cours des premiers mois. Un endothélium immature, fragilisé par une circulation extracorporelle, peut dès lors bénéficier d’un traitement par du monoxyde d’azote inhalé, cette thérapie pouvant s’avérer moins efficace à un âge plus avancé. Tout traitement médicamenteux doit d’ailleurs tenir compte de notions de pharmacologie développementale; un traitement antiépileptique risquerait autrement d’être sous-dosé tandis qu’un traitement par morphine arriverait au contraire. L’enfant présente bien d’autres particularités, comme une immaturité cérébrale, le développement plus rapide d’une hypertension intracrânienne et un risque plus élevé de lésions abdominales en cas de traumatisme.

Ces particularités, liées à des notions de physiologie et de physiopathologie développementales, justifient une approche différente de l’enfant par rapport à l’adulte, surtout quand il est en situation instable sur le plan vital.