Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission désignée par l'Académie pour l'examen du mémoire présenté par A.F. De Schaepdryver en réponse à la question posée par la IIe Section pour l'obtention du prix de l'Académie

« On demande une contribution clinique ou expérimentale à l’étude des sécrétions médullo-surrénales », période 1958-1960.

 

            Les rapporteurs étaient MM. C. Heymans, J. P. Hoet et Z. M. Bacq.

            Le mémoire de M. De Schaepdryver s’intitule :  « Experimentele bijdrage tot de kennis van sekretie en metabolisme der medullosurrenale hormonen ».

            Il se compose de deux parties, la première étudie les variations de la sécrétion médullo-surrénale chez le chien dans diverses conditions expérimentales. La technique de l’auteur est excellente, et il nous paraît certain que les faits suivants sont bien établis : l’occlusion des carotides et l’énervation des sinus carotidiens provoquent une augmentation de la sécrétion médullo-surrénale sans modification du rapport adrénaline/noradrénaline. L’hypertension endovasculaire des deux sinus carotidiens bloque la sécrétion basale des catécholamines. L’injection intraveineuse d’acétylcholine chez le chien atropiné, de nicotine, d’histamine, de morphine, de caféine et d’insuline, chez le chien normal, provoque une hypersécrétion à prépondérance adrénaline. L’auteur confirme également que la sécrétion normale et l’hypersécrétion des surrénales en réponse à divers stimuli, sont bloquées par des produits récemment découverts, qui sont d’un grand intérêt pour l’étude de la synthèse et de la libération des catécholamines.

            Dans une deuxième série d’expériences, l’auteur étudie le métabolisme, chez le chat, de l’adrénaline marquée au moyen du tritium. Grâce à l’expérience acquise dans les laboratoires d’Axelrod à Bethesda et de Krishner à Duke University, l’auteur a réuni une masse de documents extrêmement intéressants.

            L’analyse chromatographique sur papier est faite après séparation en deux fractions : les métabolites basiques d’une part, les métabolites neutres et acides d’autre part.

            Cette méthode permet l’identification et le dosage d’un grand nombre de substances. Divers métabolites, non identifiés, ont également été mis en évidence par l’auteur, surtout après injections préalables d’inhibiteurs métaboliques : l’iproniazide qui bloque l’aminoxidase et le pyrogallol qui inhibe la catéchol-O-méthyltransférase.

            Il serait trop long et fastidieux de détailler les résultats obtenus par l’auteur grâce à cette méthode. Il suffit d’indiquer que les expériences fort bien conduites du Dr De Schaepdryver montre que l’inhibition d’un des systèmes enzymatiques qui interviennent dans le métabolisme de l’adrénaline provoque une hyperactivité compensatoire de l’autre système, et que l’inhibition combinée des deux systèmes enzymatiques donne lieu à la production d’un nouveau métabolite basique important encore inconnu, et à une production accrue de composés conjugués acides.

            Les expériences du Dr De Schaepdryver s’intègrent dans un ensemble de recherches poursuivies tant aux Etats-Unis qu’à l’Université de Liège ; elles ouvrent de nouvelles perspectives pour l’interprétation des effets physiologiques des catécholamines.

            La Commission est unanime à féliciter l’auteur de son beau travail, et recommande à l’Académie l’octroi du prix réservé à cette question et la publication de son mémoire.

            Ce rapport est approuvé à l’unanimité et le prix de l’Académie est décerné à M. A.F. De Schaepdryver.

            Séance du 17 décembre 1960.