Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Yves Grosgogeat

(Séance du 26 mars 1988)  

L'Ischémie myocardIQUE asymptomatique : Quels examens ? Quels traitements ?

par Yves GROSGOGEAT (Paris), invité.

Longtemps assimilée à l'angine de poitrine, l'ischémie myocarde que revêt aussi des aspects indolores dont on peut actuellement se demander s'ils ne sont pas plus fréquents encore que l'expression symptomatique. Ces formes silencieuses peuvent s'observer dans les suites de l'infarctus du myocarde ou dans l'angine de poitrine en alternance avec des phases douloureuses.

Mais l'ischémie silencieuse pourrait aussi affecter près de 5 % d'une population masculine en apparence bien portante. En l'absence d'expression fonctionnelle, l'ischémie du myocarde ne peut être dépistée que par des explorations non invasives qui témoignent du trouble métabolique : l'électrocardiogramme d'effort, couplé ou non avec la scintigraphie myocardique, et l'enregistrement ambulatoire de l'électro-cardiogramme selon Holter. L'indication de tels examens est relativement aisée dans les suites de l'infarctus et dans l'angor stable. En revanche, dans une population tout venant, les contraintes, en particulier économiques, nécessitent de réserver cette recherche à des groupes à risque individuel ou collectif. L'intérêt de mettre en évidence une ischémie indolore réside dans le pronostic qui s'attache à elle. Les études en cours ne permettent pas encore de conclure définitivement, mais sa présence aggrave de manière significative le pronostic de l'angor instable. Dés lors la présence d'une ischémie silencieuse et son degré vont guider la conduite ultérieure, à savoir la pratique de la coronarographie. Celle-ci n'est pas un marqueur de l'ischémie mais le reflète de lésions anatomiques qui viennent expliquer son mécanisme et permettent de fixer les modalités du traitement.

Mais il convient de réserver l'opacification coronaire, exploration invasive, aux formes graves d'ischémie indolore, appréciées par le test d'effort et la technique de Holter. La même logique doit guider la décision de traiter ou non une ischémie silencieuse. La présence d'anomalies prononcées purement électrocardiographiques au cours de l'angor instable doit faire renforcer le traitement médical, ou décider une éventuelle procédure instrumentale ou chirurgicale. Dans les variétés à symptomatiques pures, c'est encore l'importance des anomalies, la coexistence des facteurs de risque et les données artériographiques qui permettront de prendre la meilleure décision individuelle, et se gardant des décisions globalisées.

(pas de summary)