Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Michel Symann

(Séance du 18 mars 1989)  

ASPECTS CLINIQUES ET BIOLOGIQUES DES CHIMIOTHÉRAPIES INTENSIVES AVEC GREFFE DE MOELLE OSSEUSE AUTOLOGUE DANS LE CANCER BRONCHIQUE MICROCELLULAIRE           

par Michel SYMANN (Unité d’Oncologie clinique et laboratoire d’Oncologie et d’Hématologie expérimentales de l’Université catholique de Louvain-en-Woluwe), invité et Yves HUMBLET, André BOSLY, collaborateurs.

Le cancer bronchique microcellulaire est une tumeur fréquente et agressive caractérisée par son extrême sensibilité à la chimiothérapie.  En effet, 80 % des malades répondent de manière spectaculaire au traitement médical.  Cette réponse est néanmoins transitoire.  Dans une étude clinique prospective et randomisée, nous avons évalué l’effet d’une chimiothérapie d’intensification tardive associée à une autogreffe de moelle osseuse.  Cent un patients ont été enrôlés dans cette étude dont 45 ont reçu, par randomisation, soit un traitement conventionnel, soit une intensification tardive.  Chez les patients limités qui ne furent pas intensifs, la durée médiane de réponse a été de dix semaines, comparée à 35 semaines chez les malades intensifiés (p = 0.001).  Il est important de souligner qu’il n’y a pas de patient indemne de maladie un an après la randomisation dans le groupe non intensifié, alors qu’il y a de longs survivants au-delà de 271 semaines dans le groupe intensifié.  Afin d’améliorer ces résultats, nous avons développé une librairie d’anticorps monoclonaux anti-cancer du poumon, que nous employons pour l’immunodétection des métastases occultes dans la moelle osseuse et pour la purge des cellules clonogéniques.  De plus, nous avons mis au point de nouvelles chimiothérapies d’induction et d’intensification comprenant chacune des drogues différentes afin de prévenir l’émergence de la résistance pléiomorphique.  Ces nouvelles approches sont actuellement l’objet de recherches cliniques.               

SUMMARY

Small cell lung cancer (SCLC) is a frequent and aggressive tumor characterized by its major sensitivity to chemotherapy since 80 % of the patients respond dramatically to the treatment. Nevertheless, the majority of them eventually die from their cancer.  We have addressed the effect of late intensification with autologous bone marrow transplantation on SCLC through a randomized clinical trial.  This study included 101 patients, 45 of whom could be randomized to either conventional post-induction therapy or late intensification.  Of the 32 patients with limited disease, patients who did not receive intensification relapsed on a median of 10 weeks compared with 35 weeks for patients who received intensification (p = 0.001).  An important observation was that there was no patient disease free at 1 year in the group that did not receive intensification whereas there were patients who were free of disease up to 271 weeks in the group receiving late intensification.  To improve upon these results we have developed a panel of anti-lung cancer monoclonal antibodies that we use for the detection of occult cancerous disease in the bone marrow and for the in vitro elimination of clonogenic tumor cells contaminating the marrow graft.  In addition we are monitoring the immune defect induced by ABMT and its compensation by an in vitro recombinant human IL-2 perfusion.  Finally we have devised a new induction and intensification chemotherapy regimens with different drugs in order to prevent multidrug resistance.  These new tools are currently under investigation in the clinical setting.