Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Thierry Sluysmans

(Ont pris part à la discussion : MM. J.-L. Balligand, Cl. Saegerman, J.-B. Otte et J. Boniver)

MALADIES VALVULAIRES DE L'ENFANT - VALVE AORTIQUE, UNE HISTOIRE SANS FIN

par Thierry SLUYSMANS (Cardiologie pédiatrique - UCL), invité. 

Il y a un demi-siècle, en 1959, Boris Vian décédait à 39 ans d’une sténose aortique.  A peu près à la même époque, la couverture du Paris Match du 25 janvier 1958 titrait « Exclusivité mondiale, opération à cœur ouvert », présentant la photo de la première enfant opérée à cœur ouvert en France. 

Pour illustrer les progrès accomplis et les développements actuels en cardiologie et en chirurgie cardiaque, nous vous proposons de revoir ensemble la pathologie de la valve aortique.  Cette valve effectue 70 cycles d’ouverture et fermeture par minute, soit plus de trois milliards de cycles durant une vie humaine.  Entre 2 et 5 % de la population normale est porteur de ce que l’on appelle une bicuspidie aortique.  Lorsque ces valves dysfonctionnent soit par le fait d’une mauvaise ouverture (sténose ou fermeture, régurgitations) elles exposent le ventricule à des contraintes de charge telles que l’espérance de vie en est significativement réduite. 

Les thérapeutiques possibles sont multiples, allant de la valvuloplastie chirurgicale proposée depuis 1980, la dilatation au ballon proposée depuis 1984, les remplacements valvulaires proposés depuis 1960, l’auto-transplantation de la valve pulmonaire en position aortique (opération de Ross) depuis 1982, et enfin les implantations percutanées par cathétérismes de valves prothétiques depuis 2002 (Cribier). 

Le futur laisse espérer le développement de valves aortiques par bioengineering. Ces progrès constants dans différentes directions sont encourageants car ils permettent à la majorité de ces patients d’espérer une vie normale et longue  Le titre de l’exposé, « Une histoire sans fin », a été choisi pour illustrer à la fois le fait qu’aucune de ces propositions thérapeutiques ne permet une guérison définitive, et par ailleurs que les progrès de la technique, de la cardiologie et de la chirurgie  permettent de tendre vers cet objectif.