Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de Pierre Wallemacq, membre ordinaire

 

(Ont pris part à la discussion MM. J.-B. Otte, Y. Carlier, Mme Cl. Gochet, invitée, Mme J. Fontaine, MM. Y. Beguin, R. Burette, invité, A. Albert et J. Frühling)

PERSPECTIVES DE PROGRÈS DANS LE SUIVI THÉRAPEUTIQUE DE CERTAINS MÉDICAMENTS : NOUVELLE APPROCHE DE MÉDECINE PERSONNALISÉE

par Pierre WALLEMACQ (Laboratoire de Toxicologie – UCL), membre ordinaire              

L’activité de « therapeutic drug monitoring » (TDM) s’est développée dans les années 1980, initialement limitée au dosage de médicaments dans le sérum afin de maintenir les concentrations dans un intervalle considéré comme optimal. Bien que contribuant significativement au concept de médecine personnalisée, quelques difficultés en ont limité cependant le succès : contraintes logistiques (respect des heures, doses, etc…), variabilité analytique, définition des intervalles thérapeutiques, relation entre taux sériques et effets, interprétation, coûts, etc…  Afin de rencontrer ces difficultés, plusieurs approches ont été explorées et semblent prometteuses. La pharmacométrie utilise des modèles mathématiques et statistiques pour décrire les interactions entre médicament-patient-maladie, en intégrant ainsi la pharmacocinétique (PK), la pharmacodynamie (PD) et l’évolution de la maladie. Ces modélisations offrent plus de robustesse dans les prédictions. La pharmacogénétique (à la fois du côté PK et PD) pourrait également contribuer à améliorer le TDM. Les progrès technologiques rencontrés ces dernières années tendent à améliorer et harmoniser les méthodes, et ouvrent la voie aux dosages intracellulaires (ex. immunosuppresseurs, anti-rétroviraux, cytotoxiques), parfois plus pertinents pour prédire l’activité pharmacologique. Ces progrès pourraient en outre permettre des dosages en « temps réel » au chevet du patient permettant un ajustement immédiat de dose (ex. antibiotiques en sepsis ou pneumonie sévère). L’ensemble de ces progrès et perspectives devrait renforcer le rôle du laboratoire en contribuant à l’optimisation de certaines thérapeutiques critiques avec en outre des retombées favorables en termes pharmaco-économiques et de confort pour le patient.