Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Michel Gersdorff

(Séance du  31 mai 1997)

LES IMPLANTS COCHLÉAIRES      

par M. GERSDORFF (UCL), invité.

Les implants cochléaires visent à la réhabilitation de la surdité profonde bilatérale.  Par implant cochléaire, on entend une prothèse constituée par des électrodes implantées chirurgicalement dans la cochlée et reliées à un processeur vocal externe.  Les signaux sonores extérieurs sont transformés en signaux électriques codés par le processeur vocal et émis en transcutané à un récepteur interne qui transmet l’information aux électrodes intracochléaires.

Initialement, l’implant cochléaire était proposé aux patients devenus totalement sourds.  Ces patients ne pouvaient bénéficier de l’aide de prothèses auditives conventionnelles et étaient condamnés au silence.

Plus récemment, impressionnés par les résultats spectaculaires chez l’adulte devenu sourd (post-lingual), les auteurs ont entamé un programme d’implantation chez l’enfant sourd congénital (pré-lingual).

Le défi est ici tout différent puisqu’il convient de faire naître – et non renaître – une sensation que l’enfant n’a jamais perçue, et développer ainsi un codage, une reconnaissance du message sonore.  Les premiers résultats sont fort encourageants.

L’implantation est aussi, au point de vue scientifique, un outil de recherche dans divers domaines : chirurgical, neurophysiologique, neuropsychologique, logopédique et socioculturel.

L’implant cochléaire, projet d’avant-garde, a modifié notre approche de la surdité profonde et représente le seul espoir d’une réhabilitation et d’une intégration sociale satisfaisante pour le sourd profond.

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