Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Yvon Englert

(Séance du  12 décembre 1998)

TECHNIQUES ET ÉTHIQUE DE LA FÉCONDATION IN VITRO    

par Y. ENGLERT (ULB), invité.

Parmi les nouvelles technologies médicales, la fécondation in vitro (F.I.V.) est certainement celle qui comporte les conflits bioéthiques les plus denses.  Ils seront illustrés par trois « touches » successives :

L’amélioration des techniques de stimulation de l’ovulation a sensiblement augmenté le nombre d’embryons surnuméraires.  Comment gérer ceux-ci, sur quels principes, et surtout qu’en pensent les principaux intéressés, à savoir les couples ?

L’introduction de la fécondation assistée (ICSI) au début des années 90 a considérablement étendu les indications de la FIV et entraîné une modification significative des taux de succès.  Néanmoins, il sera démontré que son implémentation est un processus délicat et qui a nécessité le recours à la création d’embryons pour la recherche, un autre thème de débat bioéthique passionné.

Le don d’ovocytes rendu possible par la F.I.V. permettra d’illustrer ici un impact tout à fait imprévu de l’éthique sur la technique : suite à un choix éthique (le recours au don anonyme), nous avons pu multiplier par un facteur trois l’efficacité de la technique du don d’ovocyte. Un exemple d’alliance entre éthique et technique particulièrement important face à la pénurie d’ovocytes.

En conclusion, le débat éthique envisage non seulement la question de la légitimité de cette « médecine du désir », mais il apparaît donc bien que le développement comme la pratique de la fécondation in vitro humaine impliquent un positionnement clair face à des choix éthiques indissociables des techniques elles-mêmes.

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