Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Ernst Knobil

(Séance du 25 septembre 1999)

RÉGULATION DE L’ACTIVITÉ GONADIQUE CHEZ LE PRIMATE ET DANS L’ESPÈCE HUMAINE

par E. KNOBIL (Université du Texas – Houston), correspondant étranger.

Le tractus génital des vertébrés est d’une grande diversité morphologique qui contraste, tant pour son développement que pour son fonctionnement, avec le caractère uniforme de sa dépendance vis-à-vis des hormones gonadiques.  Alors que celles-ci sont, pour l’essentiel, connues depuis une cinquantaine d’années, nous en sommes encore à préciser nombre d’interactions entre ces hormones et le tractus génital. 

La production des hormones sexuelles est régie par deux gonadotropines dont l’une, la FSH (« follicle stimulating hormone »), stimule le développement des follicules dans l’ovaire, l’autre assurant la lutéinisation du follicule qui a libéré l’ovule : c’est la LH (« luteinizing hormone »).  Ces appellations rappellent que, dans un premier temps, on avait identifié ces hormones à partir de critères morphologiques basés sur l’étude de l’ovaire.  Il s’agit de deux glycopeptides élaborés, chez le mâle comme chez la femelle, par une même population de cellules de l’antéhypophyse, dont l’activité sécrétoire est modulée par des rétrocontrôles (feedbacks) dans lesquels interviennent les hormones gonadiques.  Mais le facteur-clé pour la fonction gonadotrope est le GNRH (gonadotropin releasing hormone), un décapeptide sécrété par des cellules nerveuses identifiées dans l’hypothalamus ; chez les vertébrés supérieurs, le GNRH est acheminé par le réseau vasculaire porte de la tige pituitaire jusqu’aux cellules gonadotropes de l’antéhypophyse.

La sécrétion de GNRH est pulsative chez tous les vertébrés étudiés à ce jour, ce qui nous incita à postuler l’intervention d’un oscillateur localisé dans le système nerveux central.  Le noyau arqué hypothalamique semble se qualifier puisque, chez le macaque, la sécrétion des gonadotropines s’effondre après sa destruction, alors que l’administration de GNRH suscite encore une nette réaction hypophysaire.

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