Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Uysse Gaspard

(Séance du 22 février 2003)

QUEL ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE ET CLINIQUE RETIRER DE L’ÉTUDE THÉRAPEUTIQUE CONTRÔLÉE « WOMEN’S HEALTH INITIATIVE » ?    

par  U. GASPARD (ULg), membre titulaire.   

L’espoir qu’une cardioprotection primaire, et même secondaire, puisse être obtenue après la ménopause grâce à un traitement oestroprogestatif oral, avait été soutenu par d’amples études épidémiologiques observationnelles, mais deux grands essais thérapeutiques randomisés (étude HERS 2000 en cardioprévention secondaire et WHI 2002 en cardioprévention primaire) n’ont pas montré de bénéfice par rapport au placebo, et même, dans le cas de l’étude WHI, un léger excès de morbidité – mais pas de mortalité – par accident coronaire chez les femmes hormonosubstituées.  A ceci s’ajoute sous traitement un léger excès de morbidité par thromboembolie veineuse, AVC, cancer du sein, risque non suffisamment équilibré par une diminution pourtant significative  du risque fractuaire et du cancer colorectal chez les femmes traitées, par rapport à celles sous placebo.

Plusieurs biais et facteurs de confusion entachent ces études, et particulièrement WHI dont on a pu dire qu’elle s’adresse à « des patientes inadéquates avec une thérapeutique inadaptée ».  Néanmoins, les nouveaux éléments apportés nous forcent à recentrer notre stratégie de l’hormonosubstitution, à réviser les buts poursuivis, à continuer la recherche sur les effets à long cours (y compris les facultés cognitives et la qualité de la vie), à tester d’autres associations oestroprogestatives et voies d’administration, et enfin de nouvelles substances à action hormonale sélective, afin d’influencer favorablement et durablement la balance risque/bénéfice. 

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