Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Patrice Queneau (Séance du 24 juin 2006)

COMPLICATIONS DE LA POLYMÉDICATION, EN PARTICULIER CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES 

par P. QUENEAU (Chef de service de Médecine interne – Hôpital Bellevue C.H.U. de St.-Etienne – France), invité, et MM. J. Doucet et F. Paille, coll.  

La polymédication est fréquente dans les pays occidentaux. Elle concerne notamment, mais non spécifiquement, les personnes de plus de 70 ans. Elle peut être la résultante de prescriptions justifiées ou au contraire discutables en référence au « bon usage du médicament », incluant les automédications, elles aussi justifiées ou non.

Les causes de polymédication sont multiples : la polypathologie, certaines maladies chroniques ou invalidantes, la demande croissante de soins, les progrès thérapeutiques, mais aussi certains excès de prescriptions : ces derniers peuvent être le fait d’un seul ou de plusieurs prescripteurs, avec la question de leur bonne ou mauvaise coordination.

Les conséquences de la polymédication sont multiples, avec la survenue fréquente :

- d’accidents iatrogènes, souvent favorisés par des interactions médicamenteuses dont la gravité dépend du type d'association et de l'état antérieur du malade ;

- d’erreurs d'observance, de plusieurs causes (choix délibéré du malade, survenue d'un effet indésirable, difficultés de gestion de ses médicaments par le malade, par le fait d’une confusion, d’une mauvaise éducation thérapeutique du malade …) ;

- enfin de surcoûts indiscutables bien que peu évalués, à la fois directs (liés à la surconsommation médicamenteuse) et indirects (consécutifs aux accidents médicamenteux).

La prévention impose :

- de développer par des essais cliniques appropriés, la connaissance en matière de polymédication, notamment chez les personnes âgées et les autres malades à risques ;

- d’améliorer le recueil des accidents médicamenteux ;

- de mettre en place :

- des dispositifs de prévention (au niveau du circuit du médicament…) et d’alerte au sein des équipes hospitalières, sans oublier les établissements de personnes âgées ;

- un programme pédagogique d’envergure concernant la formation à la thérapeutique, qui doit être un objectif institutionnel prioritaire des facultés de médecine et de pharmacie, comme des écoles professionnelles (infirmières, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, autres « soignants »…) ;  

- une éducation thérapeutique des malades ainsi que de tous les citoyens, et ce dès l’école et par tous les moyens possibles.

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