Académie royale de Médecine de Belgique

|

Résumé de Mme Michelle Nisolle (Séance du 2 juin 2007)

L’ENDOMÉTRIOSE : DE LA RECHERCHE A LA PRATIQUE CLINIQUE

par Mme M. NISOLLE (U.Lg.), invitée.

L’endométriose, définie par la présence ectopique de tissu endométrial, est une affection bénigne dont la prévalence est estimée à 5-15 % des femmes en âge de reproduction. La théorie du reflux menstruel est à l’heure actuelle l’hypothèse la plus plausible et détaillée pour expliquer le développement de l’endométriose. Les cellules endométriales, glandulaires et stromales disséminées dans la cavité pelvienne interagissent avec les cellules des tissus hôtes, notamment le péritoine pelvien, les ovaires et la séreuse digestive. Comme les cellules cancéreuses,  les cellules endométriales ont la capacité d’adhérer, de proliférer, d’infiltrer le tissu hôte, d’induire une angiogenèse permettant ainsi le développement et la croissance des lésions d’endométriose. Ces cellules stimulent également la lymphangiogenèse et se disséminent dans les ganglions lymphatiques.

Un modèle murin de transplantation d’endomètre nous permet de suggérer que l’inflammation joue un rôle primordial dans le développement de la réaction fibreuse systématiquement observée au niveau des lésions et responsable de la symptomatologie clinique. L’identification des divers facteurs de croissance et cytokines responsables de la prolifération endométriale, de l’angiogenèse, de la lymphangiogenèse et de la réaction stromale des tissus hôtes est essentielle pour le développement de stratégies thérapeutiques ciblant non seulement les cellules endothéliales mais aussi les cellules hôtes activées. Comme au niveau de la croissance tumorale, les interactions paracrines entre les cellules endométriales et les cellules des tissus hôtes envahis jouent un rôle clé dans la croissance et la dissémination des lésions.

_____________________