Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Michel Moutschen (Séance du 24 octobre 2009)

MODES ANORMAUX D’ACTIVATION DU SYSTÈME IMMUNITAIRE

DANS L’INFECTION A VIH

par M. MOUTSCHEN (U.Lg.), invité.   

Les mécanismes responsables de l’installation progressive d’une immunodéficience chez les personnes infectées par le VIH restent mal compris.  Des effets cytopathiques directs du virus sur les lymphocytes T auxiliaires se produisent certainement, notamment dans les stades terminaux de la maladie. Toutefois, d’autres mécanismes doivent intervenir durant les premières années de l’infection, notamment quand la proportion de lymphocytes infectés est faible. Plusieurs études ont montré que la présence précoce de certains marqueurs d’activation (tels que l’expression de CD38 par les lymphocytes T CD38) était étroitement associée à un mauvais pronostic à long terme. Par ailleurs, les primates chez lesquels l’infection par des rétrovirus proches du VIH, n’induit pas de syndrome d’immunodéficience,  sont caractérisés par des charges virales élevées en l’absence d’activation du système immunitaire. Nous avons étudié plusieurs aspects de cette activation anormale du système immunitaire, dans l’infection à VIH et dans un modèle murin d’infection rétrovirale. Nous avons notamment étudié les voies biochimiques par lesquels l’exposition des lymphocytes T à un médiateur de l’inflammation (la prostaglandine E2) peut induire une anergie (via une induction d’AMP cyclique et l’activation de la protéine kinase A de type 1). Cette observation est importante car l’infection des macrophages par le VIH ou la simple stimulation de CCR5 par gp120 peut induire une surexpression marquée de la cyclooxygénase de type 2. Plus récemment, nous avons entamé une étude par tomographie par émission de positons dans laquelle l’activité métabolique de sujets infectés par le VIH est topographiquement évaluée avant et après un traitement de quinze jours par un inhibiteur de la COX-2. Une étude semblable sera réalisée après un traitement par antagonistes de CCR5. 

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