Académie royale de Médecine de Belgique

|

Recommandations relatives aux risques liés à l'exposition solaire

L'Académie rappelle les recommandations déjà formulées en juillet 1997, au sujet des dangers liés à l'exposition solaire.

RECOMMANDATIONS EMANANT D’UNE COMMISSION CONJOINTE DE L’ACADEMIE ROYALE DE MEDECINE DE BELGIQUE ET DE LA " KONINKLIJKE ACADEMIE VOOR GENEESKUNDE VAN BELGIË ", CONCERNANT LES MESURES DESTINEES A PREVENIR LES EFFETS SECONDAIRES DE L’EXPOSITION SOLAIRE.

La lumière solaire provoque l’érythème actinique aiguë et favorise à long terme le vieillissement cutané et l’apparition de cancers de la peau. Ces effets sont cumulatifs et dus aux rayons UVA et UVB. Il est admis actuellement qu’à la suite de coups de soleil répétés, l’incidence des tumeurs malignes de la peau et principalement du mélanome s’accroît.

La lumière solaire est particulièrement nuisible pour les enfants. Une exposition solaire exagérée au cours de l’enfance accroît le risque de tumeurs à l’âge adulte, surtout chez les sujets à type de peau claire.

La protection naturelle de la peau contre la lumière solaire consiste, d’une part, en un épaississement de l’épiderme et, d’autre part, en une augmentation de la mélanine. Son efficacité dépend toutefois largement du type de peau, déterminé par la carnation, la sensibilité au coup de soleil et l’efficacité du bronzage. Le type I est caractérisé par une peau claire, très sensible au soleil et récalcitrante au bronzage, tandis que le type V, d’aspect foncé, réagit peu ou pas à la lumière solaire et se pigmente aisément. Les types II, III et IV sont des formes intermédiaires entre ces deux extrêmes.

La protection naturelle étant souvent insuffisante, il a été longtemps fait usage de crèmes solaires filtrant les UVB pour éviter les effets nocifs de la lumière solaire. Il a toutefois été démontré récemment que l’usage prolongé de telles crèmes, qui permettent l’action répétée des UVA sur le tégument, peut favoriser le développement du mélanome.

Les Académies estiment qu’étant donné les effets nocifs graves des expositions solaires exagérées, elles se doivent d’attirer l’attention des ministres concernés par ce problème de santé. Elles préconisent, dès lors, un ensemble de mesures permettant la prévention des effets secondaires à long terme de l’irradiation exagérée par les U.V. , dont surtout les néoplasies, à savoir :

  1. Mettre en garde le public sur les dangers à court et à long termes, liés à l’exposition solaire exagérée principalement chez les enfants à peau claire de type I ou II.
  2. Insister sur les mesures adéquates pouvant diminuer ou éviter ces effets, comme par exemple la protection vestimentaire, l’abstention d’exposition solaire entre 11h00 et 15h00, l’utilisation de crèmes solaires appropriées et l’abstention de bancs solaires.
  3. Réglementer la commercialisation de produits anti-solaires et interdire les préparations inadaptées, qui ne protégeraient pas l’utilisateur simultanément contre les UVA et les UVB, et exiger des producteurs que la composition de leurs produits soit clairement indiquée sur l’emballage.
  4. Insister sur l’importance d’un examen cutané régulier (annuel), des sujets à risques s’exposant régulièrement au soleil.