Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Mme Sophie Lucas (Lauréate du Prix de la deuxième Section 2010-2011)

 

Mes recherches portent sur une population de lymphocytes T appelés T régulateurs ou « Tregs ». Les Tregs exercent une action immunosuppressive. Une insuffisance de leur fonction pourrait causer des maladies auto-immunitaires, tandis qu’un excès pourrait contribuer au développement de cancers. L’implication des Tregs dans ces pathologies reste cependant difficile à évaluer, en raison d’une grande difficulté à dénombrer les Tregs dans les tissus humains. En effet, il n’existe à ce jour aucun marqueur protéique qui permette de distinguer sans ambiguïté les Tregs des autres types de lymphocytes T. Récemment, un marqueur moléculaire non protéique s’est révélé très spécifique des Tregs. Il s’agit d’une modification épigénétique du gène FOXP3, dont une région régulatrice est déméthylée dans les Tregs, mais méthylée dans les autres types de lymphocytes T. Dans le travail couronné ici, nous avons développé une technique de PCR quantitative spécifique de méthylation pour quantifier les allèles FOXP3 déméthylés et mesurer les proportions de Tregs dans des tissus humains. Nous avons utilisé cette technique sur des échantillons de sang de patients porteurs de mélanome, qui avaient reçu des vaccins anti-tumoraux combinés à des traitement visant à dépléter les Tregs. Nos résultats indiquent qu’aucun des traitements testés ne permet de diminuer significativement le nombre de Tregs circulants et suggèrent que d’autres traitements devront être développés.

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