Académie royale de Médecine de Belgique

|

Retrouvez ici les dernières nouvelles, débats et informations jugées utiles sur l'épidémie COVID 19


Réflexions sur les différences et choix entre les vaccins Pfizer et Moderna versus AstraZeneca par Michel Goldman

Que sait-on des différences d'efficacité entre les différents vaccins disponibles aujourd'hui

La supériorité des vaccins à ARN messager (Pfizer/BioNTech, Moderna, Curevac demain) sur les vaccins à vecteur viral (AstraZeneca, Janssen demain) est probable mais ne peut être affirmée avec une certitude absolue pour les raisons suivantes :

  1. On ne dispose pas d’études comparant les vaccins entre eux;
  2. Il n’y a pas de corrélation établie entre les taux d'anticorps que l'on mesure dans le sang suite à la vaccination et le niveau de protection vis-à-vis de l'infection;
  3. Les méthodes utilisées pour mesurer les anticorps ne sont pas standardisées;
  4. La protection vis-à-vis de l'infection et de la maladie ne fait pas intervenir uniquement les anticorps présents dans le sang. Des anticorps produits localement au niveau des muqueuses et des globules blancs qui tuent les cellules infectées interviennent également. Nous ne savons pratiquement rien de l'action des vaccins sur ces mécanismes ;
  5. Nous ne disposons que d'un recul limité sur les effets des vaccins au-delà de quelques semaines après leur administration ;
  6. Les protocoles des essais cliniques sont différents selon les vaccins, notamment quant aux tranches d'âge des sujets volontaires, le nombre de doses utilisées (une ou deux) et leur espacement.

Nous en sommes donc réduits à des spéculations qu'il faut exprimer avec prudence pour éviter qu'elles ne donnent lieu à des interprétations erronées.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Comment guider les choix des vaccins Les choix devraient être opérés en fonction des éléments suivants:

  1. Les deux types de vaccins se sont révélés d'un même niveau de sûreté. Nous n'avons aucune raison de penser que le risque théorique d’effets indésirables à long terme soit différent entre les deux types de vaccins. Ils feront l'objet d'une surveillance attentive par un système de pharmacovigilance bien établi.
  2. Les vaccins à ARN messager semblent aujourd'hui les plus puissants. Leur activité à vrai dire extraordinaire semble bien se confirmer en situation réelle au vu des premières données qui nous viennent d'Israël.
  3. Ceci ne signifie absolument pas que les vaccins à vecteur viral ne soient pas efficaces. Leur efficacité est très probablement supérieure à celle des vaccins contre la grippe saisonnière.
  4. Dans la mesure où ils sont disponibles, il est préférable d'administrer les vaccins les plus puissants - c'est-à-dire les vaccins à ARN messager - aux personnes dont le sytème immunitaire est affaibli, en raison d'une maladie dont elles souffrent, de traitements qu'elles reçoivent, ou de leur âge.
  5. Il est indispensable de vacciner le maximum de personnes le plus rapidement possible pour faire barrière au virus. C'est essentiel pour compléter puis lever progressivement les mesures de distanciation sociale qui pèsent tellement sur toute la population... C'est aussi de cette manière que l'on réduira les risques liés à l'arrivée de nouveaux variants plus résistants aux anticorps.

----------------------------------------------------------------------------------

Pourra-t-on réellement tenir compte de tous ces éléments dans les choix immédiats?

Probablement non. L'ensemble des pays de l'Union Européenne dont la Belgique sont aujourd'hui à la traîne non seulement par rapport à Israël et aux Émirats arabes, mais aussi par rapport au Royaume-Uni et aux États-Unis. Or le temps presse. Nous serons donc vraisemblablement contraints d'adapter nos choix en fonction des vaccins dont nous disposons. Ceci dit, compte tenu des données disponibles, ceci n'est pas trop préoccupant car les deux types de vaccin sont sûrs et d'une efficacité indubitable.

(mise en ligne : 2 février 2021)


AVIS 9622 du Conseil Supérieur de la Santé

Vaccination contre la COVID-19 chez la femme enceinte

Recommandations en matière de vaccination contre le SARS-CoV-2 de la femme enceinte, souhaitant devenir enceinte ou en période d’allaitement au moyen d’un vaccin à ARN messager

Dans cet avis scientifique, qui propose des lignes directrices aux responsables des politiques en matière de santé publique, le Conseil supérieur de la Santé de Belgique met en lumière les priorités en matière de vaccination contre la COVID-19 de la femme enceinte, souhaitant devenir enceinte ou en période d’allaitement.

Cet avis vise à fournir à la Taskforce  belge « Opérationnalisation de la stratégie de vaccination COVID-19 » et aux médecins généralistes des recommandations précises sur la vaccination stratégique contre la COVID-19 en Belgique pour cette partie spécifique de la population.


Avis conjoint des 2 Académies royales de Médecine sur le rôle du pharmacien dans la stratégie de dépistage de la COVID-19

Vous trouverez ici l'Avis conjoint sur le rôle du pharmacien dans la stratégie de dépistage de la COVID-19 et, par extension, dans la prévention et le contrôle des maladies infectieuses et épidémies futures


Lettre ouverte des professionnels de la santé à Frank Vandenbroucke : Vacciner sans délai les soignants doit être une priorité absolue

À l’initiative du courrier à Elie Cogan, vice-doyen à l’hôpital académique Erasme et porte-parole du mouvement citoyen « Take Care of Care ». Parmi les signataires, on retrouve des experts comme Leïla Belkhir, infectiologue (UCL), Yves Coppieters, épidémiologiste à l’ULB, ou encore Nathan Clumeck, professeur en maladies infectieuses (ULB) ainsi que Jacques CROMMEN, Georges CASIMIR, Jean-Michel FOIDART Président, Premier Vice-Président et Secrétaire perpétuel au nom de 98 membres de l’ Académie Royale de Médecine de Belgique
https://www.lalibre.be/debats/opinions/lettre-ouverte-a-monsieur-frank-vandenbroucke-ministre-de-la-sante-vacciner-sans-delai-les-soignants-doit-etre-une-priorite-absolue-5ff3500a9978e227df3127e3


Vaccins et la stratégie vaccinale

La conférence sur les Vaccins et la stratégie vaccinale, du professeur DOGNE  membre de l'EMA (PRAC member) et de l' AFMPS (pharmacovigilance expert), le 23 décembre, victime de son succès, s'est vue rapidement saturée.  Voici donc les liens vous permettant d'avoir accès :

- A la conférence : 

https://documents.unamur.be/index.php/s/NmAvTAz9ib9KUJE

- Au powerpoint : 

https://documents.unamur.be/index.php/s/OlaGMxBmJOOfpZw

Tous les détails concrets sur les vaccins et la campagne de vaccination y ont été discutés. L' ARMB remercie le Prof. Jean-Michel Dogné d'avoir communiqué ces liens.


Les Vaccins à ARN

Une des missions de l'Académie royale de Médecine de Belgique est de donner des avis et recommandations en matière de santé publique, particulièrement en période de crise sanitaire.

La disponibilité de vaccins anti SARS-COV 2 à base d'ARN codant pour une protéine virale enveloppée par une bicouche lipidique amène la population à poser de nombreuses questions et vu la résistance et le scepticisme du grand public, il est important que l'Académie mette à la disposition des médecins et du public des informations et des recommandations simples et précises.

Vous trouverez donc ici un document résumant en 3 schémas la nature de ces vaccins à ARN

Voici également une vidéo destinée au grand public par le professeur Moutschen sur l'intérêt et la nature de ces vaccins: https://streamer.podcast.ulg.ac.be/chu/CHUchoTV-Vaccination-COVID/CHUchoTV-Vaccination-COVIDHD.mp4


Michel Goldman Le système immunitaire face au virus SAES-CoV2

Un problème technique ayant entaché sa présentation à l'Académie du 28 novembre, Michel Goldman a proposé que nous profitions d'une "version longue" faite lors de sa leçon de clôture à l'Université libre de Bruxelles du 10 décembre 2020. La leçon complète est disponible sur le compte du I3h Institute: https://youtu.be/dAfDLLE8Shc


Comment s'organise la vaccination anti-SARS-COV-2 en Belgique ?

 Les professeurs DOGNÉ, ENGLERT et RAMAEKERS ont présenté ce jeudi aux Ministres belges dans le cadre de la Conférence interministérielle  l'opérationnalisation de la Stratégie de vaccination COVID-19 pour la Belgique.

Il s'agit de mesures pratiques d'organisation de la campagne de vaccination en Belgique.

Le Pr DOGNÉ a aussi réalisé un webinar le 2 décembre très largement suivi sur les développements des vaccins Covid-19. Espoirs de fin de pandémie? Il a accepté de partager aussi le powerpoint de cet exposé. Nous le remercions très vivement. 




Nos collègues les professeurs M. Goldman et A. Burny nous signalent deux articles-clés qui viennent d'être publiés dans la revue Science par l’équipe internationale dirigée par Jean-Laurent Casanova (INSERM France et Rockefeller Institute New York), qui est proposé prochainement  à l'élection de Membre étranger de l'Académie Royale Belge de Médecine de Belgique

Ils concernent la première explication rationnelle de la raison pour laquelle certains patients développent des formes graves de COVID.

Dans la lutte contre la pandémie, il est essentiel d'identifier les individus à haut risque de développer une forme grave voire mortelle de la maladie.

Jusqu’ici, seuls certains facteurs de risque « généraux » ont été identifiés : l'âge, l'obésité, une maladie chronique préexistante.
Les deux études publiées dans Science mettent le doigt sur des facteurs beaucoup plus précis, en lien avec un mécanisme de défense essentiel contre les virus, la production d’interféron, une « hormone » du système immunitaire.

1.     Des facteurs génétiques : des mutations génétiques qui empêchent l'action antivirale de l'interféron prédisposent au développement de formes graves du COVID-19 [Q. Zhang et al., Science
10.1126/science.abd4570 (2020)];

2.     La présence d’anticorps qui neutralisent l’interféron, qui se retrouvent chez 10% des patients qui développent des formes graves de la maladie. [P. Bastard et al., Science 10.1126/science.abd4585 (2020)].


Un article de notre collègue le professeur Saegerman et de son équipe sur le COVID-19 et les relations entre l'homme et l'animal : First expert elicitation of knowledge on drivers of emergence of the COVID‐19 in pets. dans Transboundary and Emerging Diseases

Bonne lecture


Avis commun de l'Académie Nationale de Médecine, l'Académie Nationale de Pharmacie et l'Académie des Sciences de France


COVID-19. Avis conjoint de l'Académie royale de Médecine de Belgique (ARMB) et de l’Académie royale de Belgique (ARB)

COVID-19 : LES ACADEMIES ROYALES DE BELGIQUE (ARMB ET ARB) REAFFIRMENT LEUR MISSION D’AVIS. ELLES S’INQUIETENT DU MONOPOLE DE SCIENSANO
 

Le déconfinement progressif et la baisse des contaminations sont l’occasion de reconsidérer certaines mesures prises ces dernières semaines. Pour l’Académie royale de Médecine de Belgique (ARMB) et l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique (ARB), l’heure est venue de repenser la stratégie d’élaboration du plan médical belge. Les Académies déplorent les décisions arbitraires et opaques prises par Sciensano. Elles réaffirment leurs compétences et leur mission d’avis.

L’ARMB et l’ARB constatent que la Belgique a réagi dans l’urgence et l’improvisation. Alors que le SARS-CoV-2 était apparu en Chine en décembre 2019, aucun plan de crise préétabli et adapté au Covid-19 n’était disponible chez nous lors de l’apparition de la pandémie. Sciensano a donc reçu l’exclusivité de la mission d’élaborer un plan médical de lutte contre celle-ci.


Aujourd’hui, les deux Académies nourrissent de vives inquiétudes quant à la mise en place d’un plan solide qui permettrait à la Belgique de faire face à une deuxième vague de contamination voire à l’apparition d’une pandémie d’un autre type.

En effet, les décisions arbitraires et opaques liées au déconfinement (scolarité, réunions de famille, travail) suscitent la défiance d’une partie de la population et de ceux qui sont chargés de les appliquer.

L’Académie royale de Belgique et l’Académie royale de Médecine de Belgique réaffirment leurs compétences et proposent dès lors d’exercer leur mission d’avis. Elles appellent Sciensano à coopérer activement comme le prévoient plusieurs arrêtés et lois : « Jusqu’à présent, il a fallu penser à court terme. Aujourd’hui, nous devons également travailler sur le moyen et le long terme, explique le Pr. Jean-Michel Foidart, Secrétaire perpétuel de l’ARMB. Certaines décisions prises ces dernières semaines l’ont été en dépit des recommandations scientifiques internationales. Nos deux Académies sont indépendantes politiquement, c’est un gage de transparence et de cohérence pour la population. La Belgique n’était pas bien préparée pour faire face à cette pandémie. Il est indispensable que cela ne se reproduise pas. Nous sommes dans une course contre la montre, la Belgique ne peut pas se permettre de négliger les compétences des Académiciens et Académiciennes. »

En cette période de stratégie dépistage-traçage-isolement, les Académies demandent que soient clarifiées et revues une série de décisions qui mettent notre pays en danger et en marge de ce que préconisent les autorités sanitaires internationales. En premier lieu, les restrictions relatives aux tests diagnostiques doivent être revues : les personnes asymptomatiques , notamment pré-symptomatiques, ayant été en contact avec un patient Covid doivent être testées car elles sont une source importante de transmission. La politique appliquée aux tests sérologiques rapides est incohérente : malgré une commande d’un million de tests rapides, l’utilisation et le remboursement de ceux-ci restent interdits sur notre territoire. Il est également urgent de réévaluer les critères d’indication et de remboursement des autres formes de sérologie. Enfin, les études séro-épidémiologiques essentielles pour suivre le taux de pénétration du virus ne sont, en l’état actuel des choses, pas fiables car elles sont le fait d’initiatives locales et ne sont donc pas coordonnées.


La question du tracing n’échappe pas à ce besoin de précision et d’amélioration. Selon le Pr. Didier Viviers, Secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Belgique, « Dans ce domaine éthiquement sensible de la confidentialité et du stockage des données, plusieurs questions se posent : la base de données est-elle bien protégée compte tenu de la quantité d’informations sensibles et non anonymes qu’elle contient, compte tenu également du nombre de personnes qui y ont accès? Pour le moins, il faut assurer à cette base de données les mêmes garanties que celles exigées par le législateur pour l’application numérique. Car le respect de la vie privée reste une priorité démocratique, même en période de pandémie. Santé, éducation, libertés individuelles ne sont pas opposables et il importe d’offrir à l’analyse de la situation que nous traversons une lecture globale. Le cas de la réouverture des écoles est emblématique de cette nécessité». Dans cet esprit, un système informatique bien conçu pourrait permettre l’organisation et la  multiplication indispensable des tests PCR.

Les Académies rappellent les atouts que représentent leur pratique régulière de la multidisciplinarité et la présence en leur sein d’experts reconnus internationalement. Plus que jamais la lutte contre le Covid 19 et la gestion des conséquences médicales et sociétales de la pandémie nécessitent le partage des compétences et des expériences.

En ces moments cruciaux du contrôle des chaînes de transmission du SARS-CoV-2, il est urgent de rétablir une confiance et une crédibilité entre les instances décisionnelles et la société civile.
 

CONTACT PRESSE 
Vanessa Costanzo
vcostanzo(at)intothecomm.be
0473 459 109

AVIS COMPLET


Carte blanche: 269 pédiatres plaident pour une réouverture plus large des écoles

Parmi les signataires, on retrouve Georges Casimir de l'HUDERF et Vice-Président de l'Académie, ainsi qu'Étienne Sokal et Stephan Clément de Cléty des @Cliniques Univ. StLuc et membres de l'Académie

https://plus.lesoir.be/301747/article/2020-05-19/dans-une-carte-blanche-269-pediatres-plaident-pour-une-reouverture-plus-large


Nouvelle Séance publique de l'Académie le 23 mai 2020

LECTURE
Pr Miriam Cnop, (ULB), membre associée
Novel human induced pluripotent stem cell - beta cell models to study disease mechanisms in diabetes

LE PRINCIPE ANATOMO-CLINIQUE DE CHARCOT APPLIQUÉ AU COVID
Confrontation anatomopathologie-clinique d'autopsies aux Cliniques Universitaires Saint-Luc.
           Prs. E. Marbaix, pathologiste et L. Belkhir, infectiologue (UCL)

C Covid-19 et troubles de l'hémostase: à propos d’un cas autopsique
          Prs. P. Delvenne, pathologiste et C. Oury, Chef du laboratoire de cardiologie-GIGA (ULG)

Corrélations anatomo-cliniques post-mortem, conclusions préliminaires
          Prs. I. Salmon, pathologiste et J-L. Vincent, soins intensifs (ULB)


Belgian Pediatric COVID-19 Task Force

La Belgian Pediatric COVID-19 Task Force (en étroite relation avec Sciencano) a produit un ensemble de documents utiles et bien documentés mis à jour récemment. Vous le trouverez ici


Éric Rompen: Épidémie de Covid-19 et reprise de la pratique dentaire

Éric Rompen : Épidémie de Covid-19 et reprise de la pratique dentaire: quels challenges? Protocoles et solutions? Une contribution personnelle Vidéo de la présentation faite pour le webinaire de l'APAD (Association pour la Pratique de l'Art Dentaire) asbl le 29 avril


Jean-Louis Vincent & Jacques Créteur: Ethical aspects of the COVID-19 crisis

Article paru dans le European Heart Journal: Acute Cardiovascular Care 0(0) 1–5

Ethical aspects of the COVID-19 crisis: How to deal with an overwhelming shortage of acute beds


Carte blanche d'Alain De Wever: Pourquoi l’hôpital belge est-il en voie de bien résister à la pandémie et à ses conséquences?

Alain De Wever (professeur émérite à l’ULB, ancien médecin directeur des hôpitaux Brugmann et Erasme et membre de l’Académie de Médecine), Le Soir numérique 27/04/2020 à 11:31

Alain De Wever apporte son éclairage sur les raisons qui ont permis aux hôpitaux de s’adapter à la crise et fait une série de recommandations pour l’avenir



14 avril 20: Le conseil national de sécurité recommande comme l'Académie royale de Médecine le port généralisé des masques


Recommandation COVID-19: Le port de masques par la population en période de confinement et pendant le déconfinement*

Communiqué de presse

Une proportion importante de personnes atteintes de coronavirus ne présente pas de symptômes (« asymptomatiques ») et celles qui finissent par développer des symptômes (« pré-symptomatiques ») transmettent le virus à d'autres avant de présenter ces symptômes. Le virus se propage entre des personnes à proximité par l’émission de gouttelettes minuscules porteuses du virus lors de conversations, toux, ou éternuements. Il reste infectieux pendant plusieurs heures dans ces aérosols. Il est essentiel de souligner que le maintien d'une distance sociale de 2 mètres reste important pour ralentir la propagation du virus.

La carence actuelle en masques FFP2 doit inciter à la fabrication de plus de masques sans dénier une protection à la population.
Le masque est une barrière physique protectrice qui, en fonction des circonstances et de l’environnement, pourra assurer un niveau de protection plus ou moins absolu.

On peut distinguer 3 situations :

  1. En milieu hospitalier et dans les maisons de repos, le personnel de soins au contact des malades infectés et porteurs d’inoculum important de particules virales émises par gouttelettes ou aérosol. Le port d’un masque type FFP2 et FFP3 est une nécessité absolue. Il protège à 99%.
  2. En milieu hospitalier et dans les maisons de repos le personnel de soins en contact avec des personnes dont on ignore si elles sont porteuses ou non du COVID-19
    Il est impératif de porter un masque type chirurgical qui protégera le porteur du masque et la personne en face de lui. La protection est de 89% et il est essentiel qu’il soit bien porté car il y a un risque de fuite.
  3. Dans le public, et dans des circonstances de relation sociales extérieures à risque de contamination faible (transport en commun, activités récréatives, fréquentation de magasins, etc …), le port du masque dit « alternatif » est recommandé.


Les couvre-visages artisanaux en coton filtrent 70% des particules virales, une efficacité proche de celle des masques chirurgicaux (89%). Jusqu'à ce que des masques chirurgicaux soient disponibles en nombre suffisant, les masques en tissu (lavés une fois/j à 80°) sont un substitut efficace (1,2).

En conclusion, face à cette pandémie, la recherche d’évidences scientifiques absolues peut être l'ennemi d'une bonne politique (4,5). Les masques alternatifs (1,2,4) sont simples, bon marché et efficaces. L’Académie royale de Médecine de Belgique considère que leur port par les malades isolés et par la population lors des contacts potentiellement contagieux (travail, shopping, transports en commun) pourrait avoir un impact substantiel sur la transmission, sans trop altérer la vie sociale et économique, particulièrement dans le contexte du déconfinement à venir.

RECOMMANDATIONS NATIONALES ET INTERNATIONALES
1. Face masks for the public during the covid-19 crisis   BMJ 2020; 369  doi: https://doi.org/10.1136/bmj.m1435 (Published 09 April 2020)
2. What Are The Best Materials for Making DIY Masks? https://smartairfilters.com/en/blog/best-materials-make-diy-face-mask-virus/
3. Tutoriel pour fabriquer son masque soi-même du Center for Desease Control américain https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/prevent-getting-sick/diy-cloth-face-coverings.html
4. Communication du Conseil supérieur de la Santé et du Risk Assessment Group sur l’utilisation des masques (en français) https://epidemio.wiv-isp.be/ID/Documents/Covid19/COVID-19_RMG_Brief_MondMaskers_FR.pdf
5. Leung, N.H.L., Chu, D.K.W., Shiu, E.Y.C. et al. Respiratory virus shedding in exhaled breath and efficacy of face masks. Nat Med (2020). https://doi.org/10.1038/s41591-020-0843-2


*Le présent avis a été rédigé pour l’Académie royale de Médecine de Belgique par le Pr. Jacques Brotchi (ULB), Pr. Nathan Clumeck (CHU St-Pierre), Pr. Jacques Crommen (Président de l'Académie royale de Médecine de Belgique), Pr. Jean-Michel Foidart (Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de Médecine de Belgique).


Statement by the Board of FEAM: Protecting medical personnel from COVID-19

In a statement published today, the Board of the Federation of European Academies of Medicine (FEAM) joins its voice to call for the protection of the physical and mental health of medical workers in the frontline.

“If protection materials are available, good practice would be that hospitalized patients are treated as being potential COVID-19 infected on the ward and during investigations”, says FEAM President Professor George Griffin. The problem is that tests currently used to identify COVID-19 patients (RT-qPRC) search for the virus’ RNA genome. Because of this, the results of this test depend on whether the virus can be traced. A patient with COVID-19 can still get a negative result, for instance when the quantity of the virus is too low (which happens in some cases), or when the sample is not well-collected from the patient’ nose or throat.

“Medical personnel not well protected and feeling safe because of an initial negative (RT-qPCR) test in a patient can be at risk of contamination”. The same will happen with “other patients in the ward”, said Professor Stefan Constantinescu, who is also Vice-President of FEAM. This type of test is only useful at the time it is done and often needs to be repeated.

Also, because the test traces the virus, it cannot say if a person has had COVID-19 before. This is why antibody tests –which are based on the patients’ immune response—would be crucial to identify health care workers that are immune to COVID-19. However, such tests are still ongoing validation and approval.                                

The FEAM Board also emphasized the need to protect health workers’ mental health; many of them are working under extreme conditions and some are being forced to prioritize care for patients with the highest probability to survive. Potential harm to the mental health of medical workers will also have important repercussions for already strained healthcare systems in the near future.

The full statement can be accessed here.

Contact Information

Professor George Griffin
Department of Infectious Diseases and Medicine St. George’s University of London UK
Email:
george.griffin(at)feam.eu
Phone: +32 (0) 2 792 39 56

Professor Stefan Constantinescu
Université Catholique de Louvain
Email: 
stefan.constantinescu(at)bru.licr.org

For general enquiries
Dr Rosa Castro
FEAM Senior Scientific Policy Officer
Email:
rosa.castro(at)feam.eu
Phone: +32 (0) 2 792 39 56

About FEAM, The Federation of European Academies of Medicine

FEAM is the umbrella group of Academies of Medicine, Medical Sections of Academies of Sciences, and Academies of Pharmacy and Veterinarians.

FEAM promotes cooperation between national Academies and provides a platform to formulate their collective voice on matters concerning medicine, health and biomedical research with a European dimension. Its mission is to extend to the European authorities the advisory role that national Academies exercise in their own countries with the aim to improve the health, safety and wealth of European citizens.


Communiqué de la LUSS (fédération francophone des associations de patients et de proches et le porte-parole des usagers des services de santé)

8 avril: Communiqué de presse: Écoutons les patients! Agissons concrètement pour la santé!

et la lettre à la Ministre fédérale de la santé du 27 mars 2020


COVID-19 cases AUTOPSY by M Remmelink, I Salmon Erasme Hospital-ULB

  • 6 patients hospitalized at Erasme Hospital in the COVID units and who died between March 13 and March 27, 3 cases confirmed by  RT-PCR, 2 cases with positive CT-Scan and 1 case with negative RT-PCR and negative CT-Scan.
  • Main histological findings are in the lungs with acute lung injury (6/6 cases) hyaline membranes (4/6 cases), atypical pneumocytes but no viral inclusion.
  • We draw attention to the urgent need for antibodies anti SARS-Cov2  validated for immunohistochemistry on FFPE tissues, not only for research but also for clinical diagnosis.

RECOMMANDATIONS COVID-19 - Tri des patients

Communiqué de presse
Tri des patients: pas de soins disproportionnés, des critères éthiques et médicaux

Compte tenu de la vitesse à laquelle le virus Covid-19 (SARS-CoV-2) se propage, nous sommes confrontés à une situation exceptionnelle qui conduit à un afflux massif de patientes et de patients dans les hôpitaux de soins aigus. Dans une première phase, il est possible de remédier à cette situation par la limitation des interventions électives, le transfert de patients vers des unités de soins intermédiaires, l’extension des places de traitement avec des possibilités de ventilation ainsi que le renoncement aux options de traitement qui requièrent des effectifs importants.
Le rôle des médecins généralistes, a cet égard est crucial, comme rappelé dans la recommandation en annexe.

En cas de pénurie de ressources, des décisions de rationnement sont incontournables. La charge pesant sur le personnel médical est alors extrêmement élevée. Il est d’autant plus important que les mêmes critères éthiques d'admission et de maintien en soins intensifs soient appliqués dans l’ensemble du pays.

Les présentes directives de la Société Belge de Médecine Intensive, et l'article "Fair Allocation of Scarce Medical Resources in the Time of Covid-19" du NEJM de ce 23 mars 2020 et les recommandations parues ce 26 mars 2020 du Comité international de bioéthique de l’UNESCO (CIB) et de la Commission mondiale d’éthique des connaissances scientifiques et des technologies de l’UNESCO (COMEST) définissent cette base. 

(COMEST https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000373115)

L'Académie royale de Médecine conseille aux praticiens qui seraient confrontés à de tels choix de s’inspirer des recommandations éthiques décrites dans ces articles et de planifier, avec leurs Comités d’éthique locaux, des procédures adaptées, concertées et respectueuses.

 

Voir le communiqué de presse
Tri des patients: pas de soins disproportionnés, des critères éthiques et médicaux

 

 

 

 


Interventions d'Académiciens dans la presse