Académie royale de Médecine de Belgique

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Discours Jacques Crommen, fin de mandat présidentiel 2020

Monsieur le Président, Cher Georges,

Monsieur le Secrétaire perpétuel, Cher Jean-Michel,

Chers membres du Bureau,

Chers Collègues,

Mesdames, Messieurs,

C’est peu dire que nous avons vécu une année 2020 très particulière. Et on ne peut s’empêcher de penser en premier lieu aux nombreux décès liés à la pandémie de COVID-19 ainsi qu’aux souffrances des patients et de leurs familles mais aussi à celles du personnel soignant dont le dévouement sans relâche mérite toute notre admiration et notre reconnaissance.

Mais la pandémie n’a heureusement pas eu que des effets négatifs. Sur le plan scientifique, en particulier : pour la première fois en médecine humaine, plusieurs vaccins innovants renfermant un ARN messager, encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, ont été développés et produits à grande échelle en un temps record. Par ailleurs, les progrès récents dans les techniques de séquençage à haut débit ont permis de décrypter très rapidement la totalité du génome du SARS-CoV-2, et d’identifier et de caractériser les nombreuses mutations du virus afin d’en déceler les variants les plus contagieux.

En ce qui concerne plus spécifiquement notre Académie, elle est toujours bien vivante, car elle a su s’adapter efficacement aux contraintes imposées par la crise sanitaire. Dès le mois d’avril, les séances ont été organisées en visioconférence, ce qui a permis notamment d’accueillir un nombre nettement plus important de participants qu’au Palais des Académies, le record étant jusqu’à présent de 822 pour la séance de novembre. Il est aussi plus facile de convaincre des orateurs étrangers de premier plan de participer à nos séances virtuelles et celles-ci sont désormais accessibles à un public plus diversifié et international, ce qui permet d’augmenter la visibilité de notre Académie.

Les nombreux avis, recommandations et communiqués de l’ARMB relatifs à la pandémie de COVID-19 ont également contribué à accroître sa visibilité, de même que les multiples interventions de certains de nos membres à la télévision, à la radio ou dans la presse écrite. D’autre part, nous avons eu aussi le plaisir d’apprendre l’attribution du Prix Nobel de Chimie 2020 à l’un de nos membres correspondants étrangers, Emmanuelle Charpentier. Autre bonne nouvelle : la situation financière actuelle de notre Académie est positive, avec des comptes repassés dans le vert malgré l’impact de la crise sanitaire et économique.

Si les séances de l’année dernière n’ont pas connu le faste d’une présence royale ou princière, crise sanitaire oblige, elles nous ont cependant permis d’apprécier des lectures de grande qualité présentées par des orateurs particulièrement brillants, belges ou étrangers. Parmi les conférenciers étrangers de renom, nous avons eu notamment le plaisir d’écouter les Professeurs John McLean, lors du symposium de février sur les approches « omiques » et la médecine personnalisée, Paul Hofman et Denis Wirtz, lors de la séance de juin consacrée à l’oncologie, Gordon Plant, Michaël Assouline et Lelio Baldeschi, lors de la séance de septembre qui avait pour thème l’ophtalmologie, et Jean-Marc Cavaillon, Philippe Sansonetti et John Lambris, lors de la séance de décembre en hommage à Jules Bordet.

Par ailleurs, il me paraît essentiel de continuer, voire d’intensifier notre collaboration avec les autres académies belges et de promouvoir un rapprochement avec des académies de pays voisins, comme la France, avec laquelle nous partageons une langue et une culture communes. Il est évident par exemple que la publication d’avis communs par deux, voire même plusieurs académies, est susceptible de renforcer leur impact après de nos autorités.

Avec notre homologue néerlandophone, la KAGB, nous avons rédigé cette année trois avis communs, le premier sur l’importance du dépistage dans les stratégies de sortie du confinement et les deux autres, tout dernièrement, d’une part, à propos du rôle du pharmacien dans la stratégie de dépistage de la COVID-19 et dans la prévention et le contrôle des épidémies en général, et d’autre part, sur le rôle du diététicien et du médecin compétent en nutrition clinique, ainsi que sur l’enseignement de la nutrition. Fait assez rare pour être souligné, un communiqué commun a aussi été publié avec l’Académie royale de Belgique (ARB), essentiellement dans le but de réaffirmer l’importance de la mission d’avis des Académies. Par contre, les efforts déployés par plusieurs de nos membres en vue d’organiser une séance commune avec une des sections de l’ARB n’ont pas encore pu se concrétiser.

D’autre part, le Collège Belgique, où l’ARMB et l’ARB sont associées, a décidé d’organiser, en collaboration avec le prestigieux Collège de France, une série de webinaires sur des problématiques en relation avec la pandémie de COVID-19. Le premier a eu lieu il y a quelques jours, avec pour thème : « COVID-19 et inégalités ». Je souhaite rappeler également que pour la première fois, une séance commune entre l’ARMB et l’Académie nationale de Pharmacie de France a été organisée en novembre dernier sur les thématiques de la vaccination et l’indisponibilité des médicaments. Par ailleurs, les relations étroites que l’ARMB entretient avec la FEAM ont de bonnes chances de se maintenir dans les prochaines années puisque deux de nos membres, à savoir Stefan Constantinescu, nouveau premier vice-Président, et Madame Dominique Bron sont candidats respectivement à la présidence et à une des vice-présidences du conseil d’administration.

Il me parait également important de rappeler qu’un Conseil Supérieur d’Intégrité Scientifique (CSIC) a été instauré en Fédération Wallonie-Bruxelles à l’initiative de l’ARMB et de l’ARB, en concertation avec le FNRS et les Universités francophones du pays. Enfin, l’important rapport concernant l’avenir des médecins et cliniciens chercheurs a été finalisé et un avis relatif à l’avant-projet d’Arrêté sur les animaux d’expérience a été publié après concertation entre les Universités francophones, l’ARMB et des acteurs du secteur privé.

Je voudrais à présent adresser un certain nombre de remerciements. C’est à notre Secrétaire perpétuel, Jean-Michel Foidart, que je tiens tout d’abord à rendre un hommage appuyé. Son dévouement inlassable, son dynamisme et son efficacité sont à juste titre appréciés de tous. Il mérite incontestablement notre gratitude et nos remerciements les plus chaleureux.

Je remercie vivement les membres du Bureau, Georges Casimir et Stefan Constantinescu, les deux vice-présidents, Isabelle Salmon, André Scheen et Etienne Marbaix, pour leur précieuse et bienveillante collaboration et je souhaite la bienvenue à Didier Cataldo, qui vient de rejoindre le Bureau. Merci aussi à toute l’équipe administrative et en particulier à Alexandre Buchet, dont j’ai eu l’occasion d’apprécier entre autres la disponibilité et l’excellente mémoire.   

Je suis particulièrement reconnaissant à Madame Vanessa Costanzo d’avoir assuré depuis avril dernier l’animation de nos séances virtuelles avec beaucoup de charme et d’élégance. Je suis convaincu que sa présence rend nos séances bien plus conviviales. Merci aussi à Sébastien Kuhn et Sara Velez Herrero pour l’assistance technique audiovisuelle.

Je tiens aussi à remercier notre collègue Jacques Boniver qui à l’issue de sa présidence m’a proposé de rejoindre le Bureau. J’étais bien loin d’imaginer à ce moment-là que j’allais y rester six années et accéder finalement à la présidence de notre Compagnie. Ce fut une expérience à la fois agréable et enrichissante qui restera longtemps gravée dans ma mémoire.   

Mes derniers mots seront pour Georges Casimir, notre nouveau Président, dont j’ai pu apprécier au cours de ces deux dernières années les compétences, l’érudition, les commentaires judicieux et la parfaite courtoisie. Mon cher Georges, je te souhaite plein succès !