Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Mme Deborah Doniach

(Séance du 27 octobre 1984)

PROGRÈS RÉCENTS DANS LE DOMAINE DES TROUBLES AUTO-IMMUNITAIRES  

par Mme Deborarh DONIACH (Londres), invitée.  

Voici bientôt trente ans que Ivan Roitt et moi-même avons initialement observé la présence de précipitines de la thyroglobuline dans le sérum de sujets atteints de goitres d’Hashimoto.  Depuis lors, l’auto-immunité a été prouvée comme étant la cause de l’atrophie destructrice dans chacun des organes endocriniens définis.

Les anticorps réagissant avec les récepteurs hormonaux et stimulant le métabolisme ou la croissance cellulaires, sont le mieux connus dans la thyrotoxicose de la maladie de Graves-Basedow.

Il y a de plus en plus de preuves que la croissance du goitre soit causée par un autre groupe d’anticoprs stimulant de la croissance cellulaire.  Des anticoprs bloquant les sites récepteurs de TSH sont probablement responsables de l’atrophie du myxoedème primaire.  D’un intérêt particulier est la découverte récente d’anticorps bloquant la croissance de la thyroïde, et circulant dans le sang de mères de crétins athyréotiques.  L’on peut présumer que si de tels anticorps atteignent la glande thyroïde du fœtus au cours des premiers stages de la vie, le développement embryonnaire normal de cette glande sera empêché.

En ce qui concerne l’auto-immunité gastrique, les anticorps contre les cellules pariétales bloquent les récepteurs de gastrine et préviennent la sécrétion acide.

Des recherches effectuées en Hongrie et confirmées dans notre laboratoire, ont démontré l’existence d’anticorps stimulant les cellules pariétales qui ressemblent à ceux de la thyrotoxicose et provoquent des ulcères duodénaux, résistant à la cimétidine.

D’autres anticorps stimulants ou bloquants vis-à-vis des récepteurs à l’insuline, sont maintenant à l’étude.

Par ailleurs, les mécanismes mêmes de l’auto-immunisation font l’objet d’investigations.  La démonstration récente du fait que, au cours de l’auto-immunisation, les cellules thyroïdiennes peuvent, de façon anormale, montrer à leur surface des molécules HLA-DR et présenter ainsi des auto-antigènes de surface aux lymphocytes T, semble bien correspondre à un phénomène plus général, s’appliquant aux cellules bêta de l’insulite diabétique, aux lésions des canaux biliaires de la cirrhose biliaire primitive et à l’épithélium intestinal dans l’entérite auto-immunitaire.

L’auto-immunité spécifique d’organe présente son maximum de fréquence aux alentours de l’âge de la ménopause.  Dans l’extrême vieillesse, la fréquence des anticorps anti-endocriniens diminue et la prépondérance classique dans le sexe féminin s‘efface considérablement dans les groupes de sujets jeunes.