Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Paul-Jacques Kestens, membre titulaire

(Séance du 18 juillet 1992)

LA CHIRURGIE PER-LAPAROSCOPIQUE. MODE PASSAGÈRE OU PROGRÈS?

par Paul-Jacques Kestens, membre titulaire, et coll. (Service de Chirurgie de l'appareil digestif, Cliniques universitaires Saint-Luc, Université catholique de Louvain-en-Woluwe)

 

Depuis la première cholécystectomie per-laparoscopique réalisée par Ph.Mouret à Lyon (France) en 1987, cette nouvelle méthode, d'abord abdominale et thoracique, a provoqué une véritable révolution en chirurgie générale. Les interventions de plus en plus nombreuses et variées se réalisent par cette technique mini-invasive: lithiase de la voie biliaire principale, intervention de Nissen et de Heller, vagotomie tronculaire abdominale et thoracique, vagotomie supersélective, cure de hernie, appendicectomie, section de brides dans les occlusions intestinales, résection du côlon et du rectum, oesophagectomies... En Belgique, plus de 3.000 cholécystectomies ont été répertoriées dans un registre national qui analyse les modalités et les complications de cette approche laparoscopique.

Dans les années à venir, on peut s'attendre à un développement technologique très important qui rendra ces interventions plus faciles, plus sûres et plus rapides. Les conséquences de ce nouveau développement de la chirurgie ne sont pas toutes prévisibles mais certains inconvénients devront être pris en compte: modification des techniques classiques en chirurgie ouverte afin de les rendre plus accessibles à la coelioscopie mais qui s'accompagnera éventuellement d'une détérioration des résultats à long terme (Nissen, hernioraphies, vagotomies, résections pour cancer), difficultés d'enseignement de la technique aux jeunes chirurgiens en formation et aux aînés, coût très élevé du matériel, exagération dans les indications opératoires.