Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Christian Cabrol

(Séance du 17 décembre 1994)

DONS D’ORGANES

par Christian CABROL (Université Paris VI) , membre honoraire étranger.

Les greffes d’organe ont été une des plus grandes avances médicales de ces dix dernières années.  Elles ont permis de sauver des milliers de personnes, autrefois condamnées par la défaillance d’un organe vital : rein, foie, cœur, poumons.  Mais pour remplacer ou suppléer ces organes détruits, il faut pouvoir disposer d’organes sains et ceci ne peuvent provenir, pour l’instant, que de os propres organes, s’ils demeurent viables, dans certaines circonstances après notre mort.  C’est le don d’organes.   

La Loi française a si compris l’importance sociale du don qu’elle a institué chacun de nous seul propriétaire de son corps et nous suppose tous généreux et volontaires pour ce don, à moins que certaines raisons particulières et parfaitement respectables nous fassent penser le contraire.  Ce que l’on peut exprimer par testament, ou par recommandation formelle à sa famille.  C ’est donc seulement dans ces conditions que la famille peut apporter un témoignage de refus, qui a la plus grande valeur juridique, comme un témoignage au tribunal.

Ce donc cependant peut se faire parfois dans des conditions extrêmement pénibles pour les proches, quand il s’agit de la mort d’un enfant chez le lequel le prélèvement requiert l’autorisation des parents, autorisation toujours déchirante au moment où l’on vient d’apprendre cette disparition brutale et inopinée.  Autorisation pourtant si utile car le nombre d’organes d’enfant disponibles est faible, et bien insuffisant pour sauver ceux dont la déchéance physique et la mort sont encore moins tolérables que chez l’adulte.  La solidarité entre parents doit alors jouer pour que la mort accidentelle d’un enfant n’apparaisse pas si inutile, mais qu’elle serve à donner la vie à d’autres enfants qui sans cela vont mourir.

Mais il n’est pas suffisant d’accepter pour soi-même un tel don : il faut militer en sa faveur, et obtenir les moyens nécessaires à la préservation des organes après la mort, à leur prélèvement et à leur transport, à la réalisation des transplantations et à leur suivi.

Les greffes d’organes donnent la vie : donnons-nous les moyens de greffer.