Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Robert Slama, correspondant étranger

(Séance du 26 novembre 1994)

 

RÉFLEXIONS SUR LE DÉFIBRILLATEUR AUTOMATIQUE IMPLANTABLE

par Robert SLAMA (Clinique cardiologique de l’Hôpital Lariboisière – Paris), correspondant étranger.

Mis au point par Michel Mirowski (Baltimore), cet appareil, dérivé dans son principe des stimulateurs intracorporels, détecte instantanément les troubles graves du rythme ventriculaire.  Le défibrillateur se met alors automatiquement en charge et au bout de quelques secondes, délivre soit une stimulation rapide s’il s’agit d’une tachycardie ventriculaire, soit un choc électrique s’il s’agit d’une fibrillation ventriculaire.

Naguère encore mis en place par voie chirurgicale, le montage est actuellement très simplifié car les systèmes de détection, de stimulation et de choc sont mis en place par simple voie endocavitaire.

Il s’agit donc d’un fantastique progrès dans le traitement des arythmies ventriculaires graves, mais le vrai problème reste celui des indications.  Cet appareil contrôle instantanément l’accident rythmique mais bien entendu il s’agit pas sur la cardiopathie causale.  Or ce sont justement les patients atteints de cardiopathie très évoluée (grosse cicatrice d’infarctus, cardiomyopathie dilatée) qui risquent de tels accidents.  Ainsi la mort subite rythmique sera évitée, mais ces patients mourront inéluctablement d’insuffisance cardiaque progressive.  Ceci limite beaucoup les indications d’un tel appareil, dont le prix est par ailleurs très élevé, ce qui pose un réel problème socio-économique, du moins en France.