Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Raymond Limet (Séance du 31 mai 2008)

REGARDS MODERNES SUR UNE PATHOLOGIE MILLÉNAIRE : LES ANÉVRYSMES DE L’AORTE

par R. LIMET (U.Lg.), membre titulaire, et N. SAKALIHASAN, coll.    

Après avoir publié, en 1991, les résultats de l'étude de l'histoire naturelle de la croissance et du taux de rupture d'anévrysmes de l'aorte abdominale en dehors du traitement chirurgical, les auteurs se sont attachés à la détermination des concentrations des macro-molécules de la matrice extracellulaire aortique, en l'occurrence l'élastine et le collagène. On a pu déterminer que l'élastine était effondrée  par rapport à l'aorte normale, déjà dans les petits anévrysmes débutant de quatre centimètres et que ce minimum se maintenait si on le déterminait  dans des anévrysmes de taille croissante. En ce qui concerne le collagène, sa concentration globale n'a pas montré de différence significative; par contre,  en ce qui concerne la paroi des anévrysmes rompus, elle se caractérisait par une plus grande extractibilité du collagène témoignant ainsi de sa dénaturation. Parmi les enzymes susceptibles d'attaquer ces macro-molécules, on a identifié les MMP9 et les MMP2 et déterminé leur activité et leur forme activée dans la paroi d'anévrysmes aortiques, mais également dans le thrombus qui est affronté à la lumière. On a pu démontrer que les seules formes activées de MMP9 se rencontraient dans la paroi de l'anévrysme alors qu'elles sont absentes dans la paroi des aortes normales. Plus récemment, il a été démontré que les taux de métallo-protéases étaient similaires tant dans la maladie obstructive aorto-iliaque que dans la maladie anévrysmale mais que ce qui caractérisait la maladie anévrysmale, c'était une insuffisance majeure des inhibiteurs des métallo-protéases.

Dès 1996, nous avons établi l'existence d'anévrysmes de l'aorte abdominale à caractère familial et nous avons démontré que par rapport aux anévrysmes sporadiques, ils se caractérisaient par un taux plus élevé de rupture spontanée (32 vs 8), et un âge beaucoup plus précoce de la survenue de ces ruptures (65 vs 75). Ces travaux, et d'autres, nous ont valu de participer à plusieurs études multicentriques destinées à étudier les particularités du génome du patient atteint d'anévrysme de l'aorte abdominale. Les premières conclusions ont déjà été publiées mais l'étude se poursuit.

Enfin, indépendamment de ces travaux fondamentaux, plusieurs travaux cliniques ont été consacrés à la détermination de l'incidence des anévrysmes dans la population masculine de 65 et 75 ans de la ville de Liège (étude de population), à l'incidence des anévrysmes iliaques isolés, à la relation entre les anévrysmes de l'aorte abdominale et la transplantation cardiaque, et enfin aux relations entre l'anévrysme de l'aorte abdominale et les dissections aiguës de l'aorte.

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