Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Pierre Ronco (Séance du 26 avril 2008)

GLOMÉRULONÉPHRITE EXTRA-MEMBRANEUSE : DU MODÈLE EXPÉRIMENTAL A LA PATHOLOGIE HUMAINE DU NOUVEAU-NE ET DE L’ADULTE

par P. RONCO (Paris), invité.

Les glomérulopathies extramembraneuses (GEM) représentent la cause la plus fréquente de syndrome néphrotique chez l’adulte. Elles évoluent dans 30 à 40 % des cas vers l’insuffisance rénale après 10 ans. Leur traitement reste empirique. Le modèle expérimental créé par Heymann chez le rat en 1959 a permis de mieux comprendre la physiopathologie de la maladie en identifiant l’antigène responsable (mégaline) à la surface des podocytes glomérulaires, le rôle pathogène du complément, et les altérations podocytaires responsables de l’induction de la protéinurie. Toutefois, la mégaline n’est pas exprimée par les podocytes humains, et elle n’est pas trouvée dans les dépôts immuns extramembraneux caractéristiques de la maladie.

Nous avons identifié dans trois familles dans lesquelles des nouveau-nés sont atteints de GEM, le premier antigène podocytaire (endopeptidase neutre, EPN) impliqué dans la pathogénie des GEM humaines. Nous avons également découvert un mécanisme original d’allo-immunisation féto-maternelle par lequel les mères génétiquement déficientes en EPN (en raison de mutations tronquantes du gène) s’immunisent pendant la grossesse contre l’EPN présente à la surface des cellules placentaires. Nous discuterons le rôle de l’allo-immunisation dans la pathogénie des GEM de l’adulte, les résultats préliminaires obtenus dans la caractérisation de nouveaux antigènes, et les perspectives thérapeutiques.

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