Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de Jacques Brotchi

LA CHIRURGIE DES TUMEURS INTRAMÉDULLAIRES.  EXPÉRIENCE DE 486 CAS OPÉRÉS.  LEÇONS CLINIQUES ET ÉTHIQUES

par J. BROTCHI (Hôpital Erasme – ULB), membre titulaire.              

Grâce aux progrès de l’imagerie médicale, le diagnostic de tumeur intramédullaire n’échappe plus au neuroradiologue avisé. Mais l’approche thérapeutique fait toujours l’objet de controverses dans la littérature quant à la décision opératoire, la technique chirurgicale et les thérapies adjuvantes. Vu notre expérience portant sur 486 cas opérés, nous pouvons confirmer que les risques opératoires augmentent parallèlement à l’intensité du déficit neurologique préopératoire. En d’autres termes, il vaut mieux opérer un malade ambulant qu’handicapé si l’on veut offrir aux patients une bonne qualité de vie. Il faut aussi savoir s’arrêter à temps, en particulier en cas de tumeur gliale infiltrante, comme la plupart des astrocytomes et un petit nombre d’épendymomes, pour éviter des séquelles neurologiques gravissimes. La neurophysiologie peropératoire est fort utile dans ce type de situation mais cependant n’est pas univoque comme nous l’avons appris. Les tumeurs « vasculaires », tels les hémangioblastomes et cavernomes doivent être enlevés en bloc et ne peuvent être amoindris sous peine de devoir faire face à des hémorragies noyant le champ opératoire et grevant la qualité de vie des patients concernés. Enfin, nous plaidons contre toute radiothérapie complémentaire excepté si l’on a affaire à un gliome anaplasique. Dans ce cas, on va utiliser toutes les armes disponibles, y compris la chimiothérapie. Ayant été confrontés à devoir réopérer des patients porteurs d’une tumeur bénigne irradiée après le premier geste chirurgical, ayant vécu des situations frustrantes voire pénibles dans certains cas, nous affirmons sans ambages que le traitement optimal d’une tumeur intramédullaire reste l’exérèse microchirurgicale et qu’il n’y a pas de place pour une radiothérapie adjuvante sauf en cas de tumeur maligne.  

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Ont pris part à la discussion : MM. les Prs J.-B. Otte, G. Fillet et J. Boniver.