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ACADEMIE ROYALE DE MEDECINE DE BELGIQUE

Etablissement public fondé en 1841

LE PALAIS DES ACADEMIES

 

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Le Palais des Académies à Bruxelles, siège de l'Académie royale de médecine de Belgique
(d'après une gravure ancienne par Verbeyst)
(© Bibliothèque royale de Belgique - Cabinet des Estampes ).

 

CONSTRUCTION ET DESTINATION

Le Palais et ses écuries furent érigés entre 1823 et 1828 pour le Prince Guillaume d'Orange en reconnaissance de sa brillante conduite à Waterloo et grâce à des fonds accordés par la nation. Oeuvre de deux architectes, Charles Vander Straeten (1771-1834) et François-Tilman Suys (1783-1861), il fut achevé en octobre 1828. Il avait coûté 1.215.000 florins.

De style néo-classique, très sobre, à la limite de l'austère, il s'inscrit harmonieusement dans le site, classique quant à lui, de la Place Royale et du Parc Royal, et constitue l'un des derniers témoignages, en Belgique, d'une architecture néo-classique épurée.

La famille princière, le Prince Guillaume d'Orange (La Haye, 1792 - Tilburg, 1849), la Princesse Anna Pavlovna (1795-1865), sœur des tsars Alexandre Ier et Nicolas Ier, et leurs enfants, ne l'occupèrent que deux ans, la Révolution belge de septembre 1830 les obligeant à fuir aux Pays-Bas.

De 1830 à 1839, le Palais fut mis sous séquestre et l'on procéda à l'inventaire détaillé des biens qu'il abritait. Le public y eut alors accès, et d'après le témoignage des visiteurs, il était, par sa décoration intérieure, "la résidence la plus somptueuse de l'Europe".

Une convention du 5 novembre 1842 décida la cession de l'édifice à l'Etat belge et les biens qu'il contenait furent envoyés au Palais de Soestdijk aux Pays-Bas.

Après avoir affecté le bâtiment, de 1848 à 1852, au 1er régiment des chasseurs carabiniers, l'Etat belge le proposa au Duc de Brabant en 1853, qui le refusa. En 1859, le Palais devint le lieu des cérémonies et des fêtes publiques. Gustave De Man, architecte, membre de l'Académie Royale de Belgique, fut chargé des transformations nécessaires qui furent achevées en 1862. Curieusement pourtant, le bâtiment ainsi aménagé servit alors, et jusqu'en 1877, à entreposer les collections du Musée Moderne, pendant les transformations de celui-ci par l'architecte, A. Balat, membre de l'Académie Royale de Belgique.

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La place des Palais à Bruxelles d'après une gravure ancienne par Verbeyst.
A droite, le Palais royal avant les transformations architecturales intervenues en 1904;
A gauche, le Palais des Académies, siège de l'Académie royale de médecine de Belgique
(
© Bibliothèque royale de Belgique - Cabinet des Estampes ).

Par arrêté royal du 30 avril 1876, il fut mis, par le Roi Léopold II, conjointement à la disposition des deux Académies existant à l'époque - celles-ci ayant la charge de copartager la gestion du bâtiment :

  • l'"Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique", fondée en 1772 par l'Impératrice Marie-Thérèse, encore dénommée "Académie royale de Belgique" ou - vu ses origines - "Académie Thérésienne";
  • et l'"Académie royale de Médecine de Belgique", fondée en 1841;

Par la suite, trois autres Académies vinrent s'y établir :

  • l'"Académie royale de Langue et de Littérature françaises" fondée en 1920 par Jules Destrée;
  • la "Koninklijke Academie voor Wetenschappen, Letteren en Schone Kunsten van België" (langue néerlandaise), fondée en 1938, dénommée depuis 1999 "Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten";
  • la "Koninklijke Academie voor Geneeskunde van België" (langue néerlandaise), fondée en 1938 également.

Ces cinq Institutions ont chacune leurs activités propres et totalement distinctes.

TRANSFORMATIONS

L'intérieur du Palais a été transformé à deux reprises depuis sa construction :

Une première fois, en 1859 - 1862, lorsque le bâtiment fut affecté aux fêtes et cérémonies publiques. La salle du trône fut alors agrandie, d'après les plans de Gustave De Man, de telle sorte que l'escalier d'apparat dut être supprimé. Certains des salons qui longeaient la salle du trône furent, quant à eux, transformés en loges ;

La grande salle des séances publiques de 1862 à 1969
© IRPA-KIK Bruxelles

Une seconde fois, en 1969 - 1976, suite aux dommages causés par la mérule dans la charpente en chêne du bâtiment. L'architecte Simon Brigode fut alors chargé par le Ministère des Travaux publics de la remplacer par une nouvelle ossature en béton et, avec l'accord des Académies, il rendit aux principales salles du palais, leur aspect d'origine. L'escalier d'apparat fut donc reconstruit, la salle du trône retrouva ses dimensions et son allure d'antan, et les loges furent aménagées en salles de séances, tout en se parant de revêtements similaires à ceux des salons du couple princier.

DESCRIPTIONS

ENTREE ET ESCALIER D'APPARAT

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© Photo Ministère des Travaux publics - Régie des Bâtiments

© Bastin & Evrard

Le Palais, bâti sur un plan rectangulaire, comporte deux vestibules d'entrée carrossables identiques (un au nord et un au sud). Ils sont bordés chacun de seize colonnes doriques, et abritent de nombreux bustes d’académiciens.
Le vestibule sud donne accès à l'escalier d'apparat qui mène seulement au premier étage, où se situent les salles de réception. Cet escalier, apparenté à l'escalier des Ambassadeurs de Versailles, est éclairé par un lanterneau percé dans une coupole décorée de caissons stuqués et dorés, elle-même soutenue par des colonnes corinthiennes.

SALLE DES MARBRES

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© Bastin & Evrard

Cette salle était sans doute utilisée pour les banquets et abritait certains chefs d'œuvre de la collection du Prince (Rubens, Jordaens, Van Dijck,...). Son remarquable parquet en bois de palissandre et d'amarante, ses murs lambrissés de marbre rouge fleury des carrières de Beaumont, son plafond voûté dans sa partie centrale, décorée de caissons en stuc blanc et doré, dont les tympans sont ornés d'anges musiciens, œuvres du sculpteur brugeois Jean Calloigne (1775-1830), en font une des plus fastueuses salles du Palais.


SALLE DU TRONE OU SALLE DE BAL

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© Bastin & Evrard

© Molitor

Située au centre du premier étage, la salle du trône se développe sur deux étages, captant ainsi la lumière naturelle par une verrière ouverte sur le toit. Certaines pièces du second étage, actuellement des bureaux, donnent ainsi sur une galerie plongeant sur la salle de bal. Une abside au nord de la salle comportait le trône princier, et, aujourd'hui toujours visible, la date 1828 d'achèvement de la construction, inscrite dans le superbe parquet en chêne et palissandre. Si de nos jours, les murs de la salle sont recouverts de plaques de marbre gris de Sainte-Anne, celles-ci étaient à l'origine en marbre blanc de Carrare.

 

LE PALAIS DES ACADEMIES PENDANT LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

Pendant la Première guerre mondiale, le Palais des Académies fut occupé par l'armée allemande, et transformé en hôpital de campagne. Il était alors dénommé "Kriegslazarett II". Les cartes postales anciennes reproduites ci-dessous montrent l'aménagement des grandes salles dites "du Trône" et "des Marbres" à cette époque.

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La salle des Marbres (à gauche) et la salle du Trône (à droite) hébergeant des militaires allemands malades ou blessés, pendant la Première guerre mondiale, alors que le Palais des Académies avait été transformé en hôpital militaire par l'occupant.             © Collection, Académie royale de médecine de Belgique

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