Ce rapport a été
approuvé par
l’Académie royale de Médecine de Belgique
en sa séance du 24 avril 2010
Madame L. ONKELINX, Ministre de la Santé Publique et des Affaires
sociales, a annoncé l’intention du Gouvernement fédéral de diminuer de 7
à 6 ans la durée des études de médecine et ce à partir de la rentrée
académique 2011.
Le Bureau de l’Académie royale de Médecine de Belgique a demandé à la
Commission « Médecine, Société, Ethique » d’étudier les conséquences
possibles d’une telle diminution ; il lui a adjoint comme experts les
Professeurs Y. ENGLERT, P. GIANELLO, G. MOONEN, J.J. ROMBOUTS, S.
SAUSSEZ. La Commission s’est réunie le 17 mars 2010. Voici les
conclusions de cette réunion.
1° Les motifs évoqués pour la diminution de la durée des études de 7 à 6
ans sont pertinents, à savoir d’une part la directive européenne de 1993
qui indique que les études de médecine de base doivent être d’au moins 6
ans dans une université et d’autre part l’avis récent du Conseil d’Etat
qui constate que la situation actuelle établit une discrimination aux
dépens des futurs médecins spécialistes;
2° Les Facultés de Médecine travaillent actuellement à une
réorganisation du cursus des études de médecine qui portera sur les
contenus et les méthodes, sans qu’il y ait d’impact défavorable sur la
qualité de la formation de base des médecins, pour autant que les
étudiants qui entament les études de médecine au niveau du BAC1 fassent
la preuve d’un niveau de connaissance suffisant dans les sciences de
base. L’organisation d’un contrôle des connaissances avant l’admission
en BAC1 et la mise en place d’une année propédeutique universitaire sur
les sciences de base sont des approches allant dans cette direction.
3° Il est essentiel de garantir une adéquation entre le nombre
d’étudiants à former et les moyens dont disposent les Facultés de
Médecine en matière d’infrastructures d’enseignement, de moyens humains,
d’outils pédagogiques et de capacité d’accueil des services de stages
pour les étudiants de master et de master complémentaire.
4° Pour éviter toute discrimination, l’organisation de l’enseignement
théorique de la médecine générale (8 ECTS) devrait prendre place après
l’obtention du diplôme de médecin.
5° Les nouvelles dispositions résultant de la diminution des études
médicales de 7 à 6 ans ne peuvent en aucun cas détourner de la recherche
médicale les futurs et les jeunes diplômés en médecine; vu la nécessité
d’attirer vers la recherche un nombre suffisant de médecins, il convient
de continuer à encourager les médecins inscrits à un master
complémentaire d’effectuer en même temps une thèse de doctorat et
d’envisager en outre l’organisation de programmes MD/PhD, qui
permettraient à des étudiants de master de s’engager dans un programme
de doctorat de recherche, moyennant l’allongement de la durée du
master.
6° L’accès à la pratique médicale, qui est consacré par l’inscription au
tableau de l’Ordre des médecins lors de l’obtention du diplôme de
médecin ne doit pas être modifié pour ceux qui entreprennent un master
complémentaire. Toutefois, les diplômés médecins qui ne seront pas
inscrits à un master complémentaire, devraient effectuer au moins une
année de pratique accompagnée avant l’obtention de l’accès à la pratique
médicale autonome.
En conclusion,
La Commission recommande à l’Académie Royale de Médecine de rendre
l’avis suivant :
§
les
Académies universitaires et les Facultés de Médecine sont invitées à
prendre toutes les dispositions nécessaires pour que la diminution de 7
à 6 ans de la durée des études de médecine n’entraine pas une diminution
de la qualité de la formation des médecins ;
§
la
nouvelle organisation des études de médecine imposée par la diminution
de la durée des études de 7 à 6 ans requiert que les étudiants qui y ont
accès fassent preuve d’un niveau de connaissance des sciences de base
suffisant, à sanctionner par un contrôle des connaissances avant
l’admission en BAC1 et dont la réussite pourrait être favorisée par le
suivi d’une année propédeutique ; l’enseignement théorique de la
médecine générale, qui est un pré-requis au master complémentaire de
cette discipline, doit être organisé après l’obtention du diplôme de
médecin ;
§
les
pouvoirs publics doivent garantir aux Académies universitaires une
adéquation entre les moyens qu’ils leur allouent et le nombre
d’étudiants à former en baccalauréat, en master et en master
complémentaire ;
§
des
mesures adéquates doivent être prises pour encourager les futurs et
jeunes diplômés médecins à s’engager dans la recherche médicale ;
§
l’accès
à la pratique médicale des diplômés qui s’inscrivent à un master
complémentaire, attribué par le Conseil de l’Ordre, ne doit pas être
modifié ; des mesures nouvelles doivent être envisagées pour les
diplômés qui ne s’engagent pas dans un master complémentaire.