1.
Préambule
Les Drs Yves Faingnaert, Léon Scheepers,
et Michel Van Wassenhoven, au nom du Comité directeur de l’Union
Professionnelle Nationale Homéopathique de Belgique ont transmis à
l’Académie Royale de Médecine de Belgique un document intitulé « Scientific
Framework of Homeopathy – Evidence Based Homeopathy » issu du 63ème
congrès de la Liga Medicorum Homeopathica Internationalia (LMHI) tenu en
Belgique en mai 2008.
Les signataires demandent à l’Académie
d’examiner ce document de manière objective « afin que tous les patients
puissent bénéficier de tous les traitements qui peuvent leur être
utiles ». Ils sollicitent un avis circonstancié en la matière.
En sa séance du 18 octobre 2008, le
bureau de l’académie a créé une commission ad hoc en vue de réaliser
l’étude du document afin de « se prononcer avant tout sur le sérieux
scientifique de son contenu ». La commission était composée de T.
Godfraind, A. Scheen et J.L. Vanherweghem.
Le 20 novembre 2008, les mêmes
signataires du Comité Directeur de l’Union Professionnelle Nationale
Homéopathique a fait joindre à leur dossier « afin de permettre une
analyse encore plus actuelle de la situation » une publication sous
presse intitulée « The conclusions on the effectiveness of homeopathy
highly depend on the set of analyzed trials », par R. Lüdtke et A.L.B.
Ruthen dans le Journal of Clinical Epidemiology (2008).
Le Bureau de l’Académie a également
informé la commission ad hoc que les mêmes documents ont été soumis à la
Koninklijke Academie voor Geneeskunde van België.
Celle-ci a rendu son avis le 31 janvier
2009. L’annexe 1 au présent document en donne une traduction française.
La commission s’est réunie les 20
décembre 2008 et 31 janvier 2009 et a finalisé le rapport par courriers
électroniques.
T. Godfraind a pris plus particulièrement
en charge les aspects liés aux études relatives aux effets biologiques
des « hautes dilutions », A. Scheen a pris en charge les aspects liés
aux méta-analyses des études cliniques et J.L. Vanherweghem a pris en
charge l’analyse du document soumis à l’académie et la rédaction
générale du rapport.
2. Analyse du document :
« Scientific Framework of
Homeopathy. Evidence Based Homeopathy”.
Edité par Michel Van Wassenhoven au nom
de la Liga Medicorum Homeopathica Internationalis (LMHI) et du
secrétariat à la recherche de l’European Committee for Homeopathy (ECH)
(2008).
2.1. Le résumé
du document précise que son but est de considérer tous les aspects
importants du cadre scientifique des pratiques homéopathiques, incluant
les aspects éthiques, l’évaluation de la pratique quotidienne, et de
rechercher les preuves scientifiques de chacun de ces aspects d’une
manière objective. Le résumé affirme que les conclusions de cette
approche sont claires : l’homéopathie doit rester dans le cadre de la
pratique médicale et c’est même une nécessité pour la santé publique.
2.2. L’étude
est divisée en 10 chapitres totalisant 58 pages.
L’introduction (chapitre I)
rappelle a) les niveaux de preuves (de I à IV), b) qu’en Europe, des
remèdes homéopathiques sont soumis à des procédures d’enregistrement
garantissant leur qualité, c) qu’afin d’éviter les erreurs
diagnostiques, l’homéopathie doit rester dans le cadre de la pratique
médicale et d) qu’il est éthiquement obligatoire de permettre au patient
le choix du traitement, et donc, que tous les médecins doivent être
informés de toutes les approches médicales possibles.
Le chapitre II,
première partie, situe le cadre général de l’homéopathie,
notamment en soulignant la popularité des médecines alternatives(1)
au niveau mondial (enquête de l’Organisation Mondiale de la Santé). Il
décrit, en Europe, les systèmes de régulation législative des
principales pratiques alternatives, dont l’homéopathie, et les
dispositions des états européens relatives à l’enseignement de
l’homéopathie. Celles-ci varient depuis les diplômes délivrés par des
écoles privées jusqu’aux enseignements et diplômes délivrés par les
universités, en ce compris des cliniques hospitalières d’homéopathie.
La 2ème partie du chapitre II
se veut être une analyse des motifs des réserves généralement émises à
l’encontre des pratiques alternatives et de l’homéopathie en
particulier. Le document affirme que la résistance à l’intégration de
l’homéopathie dans la pratique médicale est le fruit de deux groupes :
a) le lobbying de l’industrie pharmaceutique qui protégerait ainsi ses
profits, b) les « rationalistes » qui refusent d’admettre d’autres
approches que celles basées sur le paradigme de la biologie moléculaire.
A contrario, le document affirme qu’il
existe d’autres moyens de communication intercellulaire (de nature
électromagnétique) et rejette l’hypothèse que les effets favorables
observés avec des remèdes homéopathiques résultent d’un effet placebo.
La méta-analyse de A. Shang dans le Lancet (2005 : 366 : 726-32) est
qualifiée de « fraude scientifique » (voir infra).
La 3ème partie du chapitre II
aborde les aspects éthiques, en insistant sur les principes de la
liberté thérapeutique pour les praticiens et de la liberté de choix du
traitement pour les patients. Le document affirme que la science n’est
pas scientifiquement neutre, et que, la médecine « conventionnelle »
étant basée sur le « scientisme », les comités d’éthique sont dominés
par les « scientistes » orientant dans un sens qui leur est favorable
les orientations politiques et les allocations de financement.
Le document plaide a contrario, pour des
lois basées sur l’expression consensuelle de toutes les opinions
excluant les références à des « vérités absolues ». Soulignant ensuite
la dimension métaphysique de l’être humain, le document décrit
brièvement les courants bioéthiques (éthique utilitaire vs éthique
déontologique) pour plaider qu’il est éthiquement de bon sens :
-
que les législations permettent l’intégration des pratiques
alternatives dans les services de santé (liberté de choix) ;
-
de considérer que les pratiques alternatives ont leur propre
domaine d’application et ne visent pas à remplacer la médecine
« conventionnelle » ;
-
d’autoriser le recours aux pratiques alternatives pour permettre
aux praticiens de mieux répondre aux demandes des patients relatifs à
leur vie ;
-
d’autoriser le recours aux pratiques alternatives pour respecter
la liberté de choix des patients et des praticiens. Sur ce point, il est
nécessaire que les praticiens connaissent aussi bien les pratiques
alternatives que la médecine conventionnelle ;
-
de reconnaître les indications précises de l’homéopathie et de
supporter par les finances publiques leur validation en termes de
sécurité et d’efficacité.
Le chapitre III
donne, d’une part, les résultats d’une enquête menée en Belgique dans un
échantillon de population de 6000 personnes et fournit, d’autre part,
une comparaison des profils de pratique des médecins généralistes (MGs)
issus des statistiques de l’INAMI suivant qu’ils pratiquent ou non
l’homéopathie. 22% des MGs prescrivent des remèdes homéopathiques dont
3% en premier choix et 45% de la population a eu recours à des remèdes
homéopathiques. Quant à la délivrance des médicaments homéopathiques
dans les pharmacies, 44 % le sont sur prescriptions médicales, 15 % à la
demande directe du patient et 30 % sur initiative du pharmacien. Les
profils de pratique en termes de demandes d’examens biologiques ou
d’imagerie médicale ne contiennent pas de différence entre les MGs
homéopathes et les MGs non homéopathes. Les MGs homéopathes prescrivent
autant de médicaments du système cardiovasculaire que les non
homéopathes. En revanche, ils prescrivent moins d’antibiotiques et
moins d’anti-inflammatoires. Au total, l’homéopathe prescrit 1/3 du
total des médicaments prescrits par un MG non homéopathe. Le
remboursement des médicaments homéopathiques peut être pris en charge
par les assurances complémentaires jusqu’à 50% de leur coût.
Le chapitre IV
se présente comme une revue systématique des méta-analyses des études de
l’efficacité des remèdes homéopathiques comparés à des placebos.
Les méta-analyses qui concluent à un
effet positif de l’homéopathie sont qualifiées de « remarkable » au vu
de l’hétérogénéité des essais. Les méta-analyses qui concluent à
l’équivalence des effets des remèdes homéopathiques avec un placebo sont
critiquées dans le document : soit parce que les essais analysés sont
basés sur une approche qui ne tient pas compte du principe fondamental
de l’homéopathie, à savoir l’individualisation des traitements, soit
parce que la méta-analyse souffre de biais de sélection lié à
l’hypothèse de départ « l’homéopathie n’est pas meilleure que le
placebo », soit enfin, parce que les essais sont focalisés sur une
pathologie définie selon les normes de la médecine « conventionnelle »,
alors que l’homéopathie vise une « amélioration globale de l’état de
santé ».
Le chapitre V
fournit une revue de 19 études portant sur 19804 patients et axées sur
« Economic, Clinic and Humanistic Outcomes (ECHO) par l’utilisation de
scores validés concernant la qualité de vie (QoL). Les études comparant
la situation avant et après l’administration de remèdes homéopathiques
montrent une amélioration statistiquement significative pour toutes les
pathologies. Un second groupe d’études compare des cohortes traitées par
homéopathie à d’autres cohortes traitées conventionnellement. Les
améliorations de la qualité de vie sont de même niveau dans les deux
groupes.
Le troisième groupe d’études est
constitué des études contrôlées et randomisées. Il n’y a pas de
différence entre les remèdes homéopathiques et les médicaments
conventionnels. En ce qui concerne les études « Coût – Efficacité »,
celles-ci montrent que les remèdes homéopathiques dont l’efficacité
n’est pas différente de celles du médicament « conventionnel » ont
cependant été d’un coût moindre.
Le chapitre VI
rappelle les bases de la pharmacopée homéopathique, notamment le
principe de similitude réinterprété en terme de « signifiant corporel ».
Il décrit différentes études expérimentales visant à constituer une
banque de données des « symptômes homéopathiques », c’est-à-dire les
symptômes produits chez des volontaires sains suite à la prise de
produits végétaux ou animaux, qui pourront, par la suite être à la base
des remèdes homéopathiques (« internal evidence »)
Le chapitre VII
vise à démontrer la spécificité de l’activité pharmacologique des
remèdes homéopathiques, en particulier de démontrer la réalité de
l’activité biologique de solutions infinitésimalement diluées. Ce
chapitre passe ainsi en revue les travaux expérimentaux étudiant les
effets biologiques des solutions hautement diluées ainsi que les
méta-analyses de ces travaux. Entre autres travaux cités, on relève les
travaux de M. Roberfroid et J. Cumps de l’Université Catholique de
Louvain publié dans Inflammatory Research (2004 ; 53 : 181, 188) (voir
infra). La conclusion du chapitre est qu’il existe des faits
expérimentaux contrôlés statistiquement significatifs et, pour certains,
parfaitement reproductibles pour justifier l’établissement d’un autre
paradigme scientifique à côté de celui de la biologie moléculaire
classique.
Le chapitre VIII
traite de l’usage vétérinaire de l’homéopathie. Il fait état de succès
apparents de remèdes homéopathiques dans l’infertilité de la vache, la
mammite de la vache, le stress des poulets et des dindes et de la
régulation des hormones sexuelles de la truie.
Le chapitre IX,
après avoir affirmé le principe homéopathique de l’approche
individualisée, du principe de similitude et du traitement global du
patient, indique que cela n’exclut pas d’étudier les effets des remèdes
homéopathiques dans des diagnostics utilisés en « médecine
conventionnelle » : le chapitre consiste essentiellement à une liste de
références des effets de l’homéopathie dans diverses pathologies
appartenant aux domaines de l’allergie, de la dentisterie, de la
gynécologie, de l’endocrinologie, des maladies infectieuses, de la
neurologie, de l’oncologie, de la traumatologie, de la toxicologie.
Le chapitre X
apporte les conclusions reprises, in extenso, en annexe 2.
3. Discussion
Le document soumis à l’académie apporte
quelques éléments d’enquêtes, qui sans être nouveaux, confirment la
popularité des médecines alternatives et, en particulier, de
l’homéopathie. On relève ainsi que 45% de la population belge a ou a eu
recours à des remèdes homéopathiques et que ceux-ci sont prescrits par
un médecin généraliste sur cinq et recommandés par un pharmacien sur
trois.
Le document montre également que 19 sur
29 pays européens ont mis en place des régulations contrôlées des
pratiques alternatives, dont l’homéopathie. En ce qui concerne cette
dernière, un diplôme de formation post graduée est reconnu dans 18 pays
européens et, dans au moins 7 d’entre eux, le diplôme est délivré par
les universités.
Le document montre, qu’en Belgique, le
profil des MGs pratiquant l’homéopathie n’est pas différent de ceux qui
ne la pratiquent pas en termes de demandes d’examens en imagerie
médicale et en biologie clinique. En revanche, les MGs homéopathes,
s’ils prescrivent la même quantité de médicaments de système
cardiovasculaire prescrivent moins d’antibiotiques et
d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et, au total, leurs prescriptions
de « médicaments conventionnels » est de 2/3 moindres que celles des
généralistes non homéopathes. Il est cependant difficile de tirer des
conclusions définitives de ce type de données comparatives en raison des
différences probables en ce qui concerne les populations et les
pathologies traitées par les uns et les autres, ce qui aboutit à des
biais d’analyse quasi inéluctables.
Le recours à l’homéopathie est donc un
fait social dont la réalité ne peut être contestée : elle est populaire
autant dans la population qu’auprès d’un nombre significatif de
praticiens de la santé, ce qui a conduit les pouvoirs publics d’une
majorité de pays européens à réglementer sa pratique et certaines
universités à programmer son enseignement (Autriche, France, Allemagne,
Grèce, Italie, Pologne, Grande-Bretagne).
Comme le souligne le rapport de la KAGB,
la Belgique a mis en place un encadrement législatif des pratiques
alternatives appelées « non conventionnelles » et visant l’homéopathie,
la chiropraxie, l’ostéopathie et l’acupuncture (loi du 29 avril 1999
relative aux pratiques non conventionnelles dans les domaines de l’art
médical, de l’art pharmaceutique, de la kinésithérapie, de l’art
infirmier et des professions paramédicales). L’homéopathie n’est donc,
pas seulement un fait social, mais c’est aussi une réalité reconnue par
le législateur.
En Belgique, l’homéopathie est pratiquée
par des médecins généralistes. Dans leur grande majorité, ces médecins
ajoutent les remèdes homéopathiques aux autres approches plus
conventionnelles et leur comportement en matière d’examens à visée
diagnostique n’est pas différent.
En conséquence et en première analyse, la
pratique de l’homéopathie dans ce contexte de la médecine générale ne
semble pas présenter de danger majeur pour la santé publique dans
l’hypothèse où les maladies qui bénéficient de traitements efficaces par
les médicaments conventionnels peuvent continuer à être correctement
diagnostiquées et traitées.
La commission souhaite cependant
souligner le caractère paradoxal et hétérogène du document qui lui a été
soumis : alors qu’il se veut être un document scientifique basé sur les
faits (« Evidence Based »), il comporte des énoncés polémiques et
dogmatiques incompatibles avec cet objectif. La commission regrette
ainsi que le scepticisme scientifique à l’égard de la spécificité des
remèdes homéopathiques soit interprété en termes de convergence
d’intérêt entre le monde académique et l’industrie pharmaceutique, que
la difficulté à se faire reconnaître par l’homéopathie se ramène à un
« choc des paradigmes », lequel est certes un débat épistémologique
intéressant (voir JL Vanherweghem. Evidence-based Medicine et art de
guérir : l’impasse de paradigmes incommensurables. Bull Mem Acad. Roy
Med Belg, 2005, 160,459-465), mais qui est totalement hors du cadre
d’une controverse scientifique qui se veut « basée sur les faits ». De
plus, cette approche « alternative » du raisonnement scientifique amène
à émettre des réserves par rapport aux premières conclusions ci-dessus
laissant entendre que la pratique de l’homéopathie ne présenterait guère
de danger pour la santé publique.
De même, la commission ne peut accepter
le caractère dogmatique de la conclusion « the facts proposed in this
report are indisputable. Homeopathy must be accepted in the scientific
framework of medicine ». Au contraire, la commission estime que la
controverse est loin d’être close comme il sera discuté ci-après.
La validation de l’usage d’un remède peut
suivre deux voies : l’une basée sur la « pharmacologie rationnelle »
vise à décortiquer (a priori ou a postériori) les voies physiologiques
de l’action biologique d’une substance par des expérimentations
adéquates. C’est dans ce cadre que l’on pourrait placer les
expérimentations visant à démontrer les effets biologiques spécifiques
de remèdes homéopathiques hautement dilués.
L’autre voie est celle de la
« pharmacologie empirique » qui, sans considération des explications
physiopathologiques éventuelles, teste l’efficacité d’un traitement par
des études cliniques suivant l’étalon des essais contrôlés randomisés en
double insu, le remède testé étant comparé soit à un placebo, soit à un
autre médicament. C’est dans ce cadre que l’on peut placer les
méta-analyses portant sur les études cliniques répondant à cette
méthodologie.
C’est pourquoi la commission a estimé
utile d’approfondir ces deux aspects :
Effets biologiques in vitro des remèdes
homéopathiques.
Il convient d’abord de rappeler ici les
travaux contestés de Benveniste sur l’effet biologique (dégranulation
des basophiles) de hautes dilutions d’un sérum anti Ig E (Nature 1988 ;
333 : 816-8). De nombreux démentis y ont fait suite et ont abouti à la
conclusion que « Highdilution experiments are a delusion » (Nature
1988 ; 334 : 287-290).
En réponse, une publication annoncée à la
page 49 du document de l’E.C.H. rapporterait des observations
irréfutables à propos des effets biologiques de dilutions
homéopathiques. Elle s’intitule Histamine dilutions modulate basophil
activation, publiée dans Inflamm Res. 2004 May;53(5):181-8. Elle a
comme auteurs Belon P, Cumps J, Ennis M, Mannaioni PF, Roberfroid M,
Sainte-Laudy J, Wiegant FA.
L’objet de cette publication est de
rapporter les travaux réalisés in vitro dans quatre laboratoires
différents afin d’examiner l’action de très hautes dilutions d’histamine
sur l’activation des basophiles en vue de démontrer leur action
inhibitrice sur ce processus. Cette recherche multicentrique a été
coordonnée par M. Roberfroid et l’analyse statistique a été effectuée
par P. Cumps. Ce travail s’inscrit dans les études examinant l’action
des UHD (ultra-high dilutions), concept introduit pour étudier in
vitro l’effet de molécules diluées selon les procédures
homéopathiques. L’activation des basophiles a été obtenue par un
Anti-IgE spécifique utilisé à des concentrations de 1 ou 0,2 ou 0,04
mg/ml
selon le protocole. Les dilutions d’histamine ont été réalisées par
dilutions sérielles de 19 séquences successives pour obtenir des
solutions équivalentes à 10-30 – 10-38
M.
Dans la description des méthodes, il est
fait mention de la dilution de l’eau distillée, mais aucune autre
information n’est apportée à ce propos. Le volume de la suspension
cellulaire y est indiqué (250
ml), mais aucun renseignement n’est donné quant au volume de la dilution
d’histamine ajoutée avant l’incubation expérimentale. Bien que les
auteurs fassent appel à la nomenclature molaire, il n’y a aucune
référence au nombre de molécules d’histamine présentes dans leurs
dilutions. En ce qui concerne l’analyse statistique, aucune
justification n’est donnée pour l’utilisation d’un test plutôt qu’un
autre selon l’étude considérée. Dans certains cas, le test suivi n’est
même pas indiqué.
L’exposé des résultats reprend trois
types d’études.
-
L’étude 1 est un essai réalisé dans les 4 laboratoires
différents : l’activation des basophiles en présence d’histamine 10-30
, 10-32, 10-34 et 10-38
M a été mesurée par une coloration au bleu alcian. Sur un total initial
de 3.906 données expérimentales, 476 ont été exclues suite à l’absence
de données, soit avec, soit sans histamine, et 724 ont été censurées par
manque d’activation des basophiles par l’Anti-IgE, ces soustractions
retiennent 2706 données (env. 70%) considérées comme validées.
-
L’étude 2 consiste en la
mesure de l’activation des basophiles par cytométrie de flux, elle a été
réalisée dans trois des laboratoires de l’étude multicentrique.
-
L’étude 3 porte sur l’essai des antagonistes de l’histamine sur
la libération d’histamine, elle a été réalisée dans deux laboratoires.
Les résultats obtenus lors de ces trois
études varient selon le laboratoire qui a pratiqué l’étude.
La seule étude dite « en double insu »
(étude 1) montre que :
Dans le 1er laboratoire,
l’activation est augmentée si la stimulation initiale est élevée, elle
est diminuée si la stimulation initiale est faible, elle n’est pas
modifiée si la stimulation initiale est moyenne.
Le 2ème laboratoire n’observe
pas d’effets spécifiques.
Le 3ème laboratoire n’observe
qu’une diminution faible de l’activation lorsque la stimulation initiale
était faible.
Le 4ème laboratoire décrit une
réduction systématique de l’activation quel que soit le niveau initial
de stimulation, mais les solutions témoins (placebo) ont un comportement
discordant.
Dans leur
discussion de la publication, les auteurs n’éclairent pas le lecteur. En
effet, ils reconnaissent ne pas être en mesure d’expliquer les
différences de résultats entre les laboratoires, notamment à propos des
dilutions croissantes d’histamine.
On est en droit de proposer que
l’incohérence des observations ne justifie pas leur qualification
d’observations irréfutables.
Pour le surplus, à en croire les
laboratoires qui ont des résultats positifs, les réponses sont de même
ampleur quelles que soient les dilutions utilisées, ce qui contredit le
principe homéopathique de « dynamisation ».
Méta-analyses des essais cliniques des médicaments
homéopathiques
Les essais cliniques
contrôlés, idéalement réalisés avec une distribution des traitements de
façon aléatoire (« randomisation ») et en double insu (« double blind »),
sont le fondement même de la médecine factuelle (« Evidence-Based
Medicine ») (1). Les méta-analyses, synthétisant les résultats de ces
essais cliniques contrôlés, sont classiquement placées au sommet de la
pyramide des preuves pour démontrer l’efficacité d’un médicament, en
particulier en comparaison avec un placebo (2). Notons cependant
d’emblée que cette approche, rationnelle s’il en est, est vivement
contestée par de nombreux homéopathes (3), notamment en raison du fait
que les remèdes homéopathiques doivent être administrés de façon
individualisée et ne peuvent pas, dès lors, être évalués correctement
dans des protocoles rigoureux et stéréotypés isolant souvent un seul
critère de jugement principal (4).
Les méta-analyses ne sont
pas l’abri de biais, plus ou moins importants, et ont fait l’objet de
critiques parfois sévères, en ce compris dans le domaine de la médecine
conventionnelle (5). Il n’est donc pas étonnant que les mêmes critiques
aient été soulevées vis-à-vis des méta-analyses concernant
l’homéopathie. Dans le domaine de l’homéopathie, la polémique a été
exacerbée après la publication dans le prestigieux journal le Lancet de
deux méta-analyses aboutissant à des résultats contradictoires à
quelques années d’intervalle : la première, en 1997, plaidant plutôt
pour un effet supérieur de l’homéopathie par rapport au placebo (6), la
seconde, en 2005, concluant que les effets des remèdes homéopathiques
ne sont pas significativement différents d’un placebo (7). Comme on peut
aisément l’imaginer, ces deux méta-analyses ont suscité de très
nombreuses réactions en sens divers.
Les objectifs du présent
rapport sont d’analyser les résultats des méta-analyses et des revues
systématiques présentées dans le rapport « Scientific Framework of
Homeopathy : Evidence Based Homeopathy 2008 » soumis pour avis à notre
Académie.
Nous tiendrons
particulièrement compte de l’analyse de sensibilité du travail de Shang
et al publiée fin 2008 (8) soumise par les homéopathes en complément du
rapport sus-mentionné.
La première méta-analyse
concernant des essais relatifs à l’homéopathie, parue dans un journal de
médecine conventionnelle, a été publiée en 1991 (9). Cette méta-analyse
avait l’avantage, mais aussi le désavantage, d’englober un très grand
nombre d’essais, à l’époque 105 au total. De façon résumée, 77 % des
études ont montré des résultats positifs, mais la qualité des essais
cliniques retenus n’était pas nécessairement prise en compte pour
l’évaluation finale. L’approche inverse a été privilégiée dans un
rapport à la commission européenne qui a sélectionné les 15 essais de
la meilleure qualité méthodologique. Cette analyse, réalisée en 1996,
s’est révélée, de prime abord, extrêmement positive en faveur de
l’homéopathie avec une supériorité par rapport au placebo largement
significative sur le plan statistique (p = 0,0002). Ce rapport a servi
de support à une publication scientifique dans l’European Journal of
Clinical Pharmacology, parue en 2000 (10). Certes, la comparaison de 17
essais donne un p = 0,000036 en faveur de l’homéopathie par rapport au
placebo. Cependant, une analyse de sensibilité montre que le p tend vers
une valeur non significative (p = 0,08) lorsque les essais sont exclus
de manière progressive, selon la technique pas-à-pas, sur la base de
leur qualité méthodologique.
Linde et al (6) ont publié,
dans le Lancet en 1997, une méta-analyse de 89 essais cliniques
contrôlés versus un placebo, aboutissant à un odds ratio de 2,45
(intervalle de confiance à 95 % ou IC 95 % 2,05-2,93) en faveur de
l’homéopathie. Cette supériorité par rapport avec un placebo a été
confirmée si l’analyse se focalise sur les 26 études de meilleure
qualité (odds ratio = 1,66). Les mêmes auteurs ont eu le mérite de
réaliser une méta-analyse centrée sur les essais cliniques ayant évalué
des remèdes homéopathiques selon une approche individualisée, telle
qu’elle est recommandée par les partisans de cette discipline (11).
L’analyse de 32 études de ce type confirme la supériorité de
l’homéopathie par rapport au placebo, mais il faut remarquer que l’odds
ratio (1,62 ; IC 95 % 1,11-2,23) n’est pas supérieur à celui obtenu dans
la méta-analyse prenant en compte tous les essais, publiée préalablement
dans le Lancet (6). Même s’il est sans doute hasardeux de comparer ces
deux analyses, l’absence de différence ne conforte pas la critique
habituelle faite par les homéopathes vis-à-vis des essais contrôlés
classiques en leur reprochant l’absence de toute approche individuelle
chère à l’homéopathie.
Diverses critiques ont été
formulées à propos des méta-analyses publiées dans le domaine de
l’homéopathie, en particulier après celle publiée dans le Lancet en 1997
dont les résultats suggéraient un effet de l’homéopathie allant au-delà
de l’effet placebo. Elles ont été résumées dans un article paru dans le
bulletin de notre Académie (12).
Quelques publications ont
tenté de faire une synthèse des données disponibles concernant
l’homéopathie, notamment en faisant référence aux méta-analyses des
essais cliniques contrôlés. Les conclusions sont, dans l’ensemble, assez
négatives. Ainsi, Ernst conclut,
en 2002, de façon extrêmement ferme, en écrivant : « Eleven
independent systematic reviews were located.
Collectively they failed to
provide strong evidence in favour of homeopathy. In particular, there
was no condition which responds convincingly better to homeopathic
treatment than to placebo or other control interventions.
(13).
Quant à Jonas et collaborateurs (parmi
lesquels Linde, auteur de la méta-analyse du Lancet en 1997), leurs
conclusions sont, finalement, à peine plus favorables en 2003: “There
is a lack of conclusive evidence on the effectiveness of homeopathy for
most conditions. (14).
Dans leur travail publié
dans le Lancet en 2005 (7), Shang et al ont voulu prendre en compte les
deux types de biais principaux qui sont susceptibles d’affecter les
méta-analyses : d’une part, le biais de publication privilégiant la
publication des travaux positifs aux dépens des essais négatifs; d’autre
part, les biais inhérents à une méthodologie de médiocre qualité qui,
habituellement, affectent les essais de plus petite taille. Pour ce
faire, les auteurs ont scruté 19 banques de données électroniques à la
recherche d’essais cliniques ayant évalué un remède homéopathique versus
un placebo; la recherche a été complétée par une analyse détaillée des
listes de référence des papiers sélectionnés et par des contacts avec
des experts dans le domaine. A titre de comparaison, les auteurs ont
extrait, de façon aléatoire, du registre de la Cochrane Collaboration
des essais contrôlés ayant évalué un médicament conventionnel dans une
pathologie similaire et avec un critère de jugement comparable à ceux
des essais homéopathiques. Les essais réalisés en double aveugle, avec
une randomisation adéquate, ont été considérés comme étant de qualité
méthodologique supérieure. L’effet de biais éventuel a été évalué par la
méthode du « funnel plot » (10) et par des modèles de méta-régression.
Au total, 110 essais homéopathiques et 110 essais appariés d’essais de
médecine conventionnelle ont été analysés. Le nombre médian de sujets
inclus dans ces essais a été de 65 (extrêmes : 10 à 1573). Seulement 21
essais homéopathiques (19 %) et 9 essais de médecine conventionnelle (8
%) sont considérés comme étant de haute qualité méthodologique en
fonction des critères retenus.
Dans les deux types de
médecine, les essais de plus petite taille et de moins bonne qualité
méthodologique montrent un plus grand bénéfice en comparaison aux essais
de plus grande taille et de meilleure qualité. Lorsque l’analyse est
limitée aux essais de taille adéquate (minimum 98 sujets, selon le
critère retenu par Shang et al) et de qualité supérieure, l’odds ratio
(si inférieur à 1, le traitement est supérieur au placebo) est de 0,88
(IC 95 % 0,65-1,19 ; donc non significativement différent du placebo)
pour l’homéopathie (8 essais) et de 0,58 (IC 95 % 0,39-0-85 ; donc
significativement différent du placebo) pour la médecine conventionnelle
(6 essais). Les auteurs concluent que des biais sont présents aussi bien
dans les essais cliniques qui évaluent les remèdes homéopathiques que
dans ceux qui testent les médicaments de la médecine conventionnelle.
Lorsqu’on tient compte de ces biais, il n’y a qu’une faible évidence
pour un effet spécifique des remèdes homéopathiques alors qu’il existe
des preuves évidentes pour des effets spécifiques des interventions
pharmacologiques conventionnelles. Selon Shang et al (7), ces
observations sont compatibles avec le fait que les effets cliniques
observés avec l’homéopathie correspondent à des effets placebo.
Le travail de Shang et al
(7) a lui-même fait l’objet de vives critiques. De plus, et comme
attendu, une véritable fronde a été levée vis-à-vis de ce travail dans
les journaux spécialisés dans l’homéopathie et les médecines
complémentaires ou alternatives (15).
Une critique importante, et
apparemment tout à fait justifiée, est que les quelques articles
finalement sélectionnés par Shang et al ne sont pas spécifiés dans
l’article original, que ce soit pour la médecine homéopathique ou pour
la médecine allopathique d’ailleurs. De plus, il n’est pas précisé, de
façon explicite, que la seconde sélection opérée limitant l’analyse
finale aux seuls essais de qualité ayant recruté un nombre suffisant de
sujets, ait été décidée a priori ou ne soit que le fruit d’une
analyse post-hoc (d’autant plus que les buts du travail ne sont
pas clairement précisés par les auteurs) (16). Par ailleurs, et encore
plus problématique, si l’appariement entre essais homéopathiques et
essais de médecine conventionnelle pouvait être considéré comme
approprié sur l’ensemble des 110 essais, il est évident que cet
appariement n’est plus respecté si l’on se réfère seulement aux 8
travaux dans le groupe homéopathie et aux 6 travaux dans le groupe
médecine conventionnelle. Enfin, le recours à la seule technique du « funnel
plot » asymétrique pour exclure les biais de publication est également
critiquable, a fortiori s’il existe une grande hétérogénéité dans
les essais sélectionnés, ce qui est le cas dans l’analyse de Shang et
al.
Les 110 essais pris en
compte initialement dans le groupe homéopathie ont été également
contestés par les homéopathes, notamment en raison de leur extrême
hétérogénéité et du fait que certains essais utilisaient des remèdes non
reconnus en pratique homéopathique ou n’étaient pas administrés selon
les règles communément admises dans cette discipline (15). Par ailleurs,
les critères d’évaluation retenus pour l’analyse répondaient davantage à
des critères utilisés en médecine conventionnelle et ne prenaient pas en
compte l’ « approche holistique » mise en avant en homéopathie (15).
La critique la plus
détaillée sur le plan statistique, et la moins polémique, du travail de
Shang et al est une analyse de sensibilité des résultats obtenus et des
conclusions que l’on peut en tirer en fonction des essais cliniques
sélectionnés dans l’évaluation finale (8). Il apparaît que si les 21
essais jugés de bonne qualité sont considérés, l’OR devient 0,76 avec un
IC 95 % de 0,59-0,99, ce qui donne un p = 0,039, plaidant pour un effet
significativement supérieur de l’homéopathie par rapport au placebo.
Dans un exercice visant à tester la sensibilité de l’analyse, il
apparaît que l’OR est significativement différent de 1 pour toutes les
combinaison entre 14 essais (n = seuil de 69) et l’ensemble des 21
essais (à l’exception de la seule combinaison de 17 essais avec un n
seuil de 50). Cependant, dans la plupart de ces analyses, le « funnel
plot » révèle une asymétrie modérée (quoique non significative) (5). Les
résultats des OR prédits par la technique d’analyse par méta-régression
(généralement préférée en cas d’asymétrie) donnent des valeurs proches
de l’unité, indiquant l’absence de différence significative entre
l’homéopathie et le placebo.
Par ailleurs, cette analyse
complémentaire du travail de Shang démontre une importante hétérogénéité
[supérieure à 50 %, critère rendant une méta-analyse caduque (10)] entre
les essais cliniques, une condition où il est recommandé d’utiliser une
méta-régression, mentionnée ci-dessus, plutôt qu’une méta-analyse à
effet aléatoire classique (2). Cette hétérogénéité peut reconnaître des
origines multiples. Une cause réside sans doute dans le type de maladies
ou conditions considérées. Un reproche qui peut être fait est que Shang
a retenu dans son analyse des pathologies où il est maintenant démontré
que l’homéopathie est sans effet, comme dans les endolorissements
musculaires (« muscle soreness »). En particulier, un des 8
essais finalement retenus par Shang et al contribue à augmenter
considérablement l’hétérogénéité des essais. Si cet essai relatif à la
douleur musculaire est omis dans l’analyse, l’OR calculé sur 7 essais
(au lieu de 8) diminue de 0,88 à 0,80, mais reste non significatif (IC
0,61-1,05). Cependant, dans l’analyse de sensibilité réalisée, la
différence devient significative si l’on prend 8 essais (différents des
8 de Shang et al, puisque rejetant l’essai concernant l’endolorissement
musculaire, jugé trop hétérogène, mais prenant en compte un autre essai
avec un seuil d’inclusion de 80 sujets : OR = 0,75, IC 0,58-0,96 ; p =
0,025) ou 6 essais (avec un seuil d’inclusion de 100 sujets : OR = 0,73,
IC 0,59-0,91 ; p = 0,005), plutôt que les 8 essais sélectionnés par
Shang et al (seuil d’inclusion de 98 sujets).
A l’inverse, il apparaît
que les résultats positifs obtenus avec les 21 essais sont surtout
tributaires de deux grands essais sur l’état grippal. La seule
non-inclusion d’un de ces essais suffit à ce que l’OR ne soit plus
significativement différent de 1.
Une autre conséquence de
cette importante hétérogénéité est l’interprétation qui peut être donnée
au « funnel plot » pour exclure les essais de petite taille (5). En
effet, plutôt que de considérer que les essais de petite taille sont
davantage sujets à des biais (et doivent donc être éliminés pour
l’analyse finale), une autre alternative pourrait être que les petits
essais montrent des effets plus importants précisément parce qu’ils ont
été réalisés dans des conditions où l’homéopathie exerce un effet
particulièrement marqué, ce qui nécessite donc moins de sujets pour
mettre cet effet en évidence (8). Si tel est le cas (et cette situation
ne peut être exclue a priori), il est évident qu’exclure
délibérément les essais de petite taille, selon l’approche utilisée par
Shang et al, doit inévitablement biaiser l’analyse finale.
L’analyse de sensibilité
démontre, à l’évidence, que la signification de l’effet observé de
supériorité de l’homéopathie par rapport au placebo dépend, de façon
cruciale, du nombre d’essais pris en compte dans l’analyse.
Toutes les méta-analyses
publiées à propos des essais cliniques contrôlés dans le domaine de
l’homéopathie sont, peu ou prou, sujet à critiques et donc à
controverses (13). Il paraît extrêmement difficile, contrairement à ce
que semble le suggérer le rapport « Scientific Framework of Homeopathy :
Evidence Based Homeopathy 2008 », de tirer argument des résultats de ces
méta-analyses en faveur de l’homéopathie, en tous cas pour conclure que
les remèdes homéopathiques sont supérieurs à un placebo. Certes
l’analyse faite par Shang et al publiée dans le Lancet est très
critiquable et ne peut, en tant que telle et à elle seule, supporter la
conclusion finale proposée : « This finding is compatible with the
notion that the clinical effects of homoeopathy are placebo effects »
(7). Néanmoins, l’analyse récente de sensibilité réalisée par Lüdtke et
al (8), et annexée au rapport par les homéopathes eux-mêmes, est assez
explicite à cet égard.
Elle conclut, en effet, en
ces termes : « Our results do neither prove that homeopathic
medicines are superior to placebo nor do they prove the opposite ».
Bibliographie (des
méta-analyses)
1.
Scheen AJ. -
Evidence-based medicine. Apport
des essais cliniques contrôlés.
Rev
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2.
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procedures. Br Med J, 1997, 315, 1533-1537.
3.
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4.
Weatherley-Jones
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simple, graphical test. Br Med J, 1997, 315, 629-634.
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Scheen AJ,
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16.
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Schuster E, Muchitsch I, et al. Asymmetry in The Lancet meta-analysis.
Homeopathy, 2006, 95, 52-53.
Avis de la Koninklijke Academie voor
Geneeskunde van België
Pour information, la commission reprend,
ici, la traduction française des conclusions de la KAGB :
-
Les autorités ont le
devoir de s’assurer que chacun soit informé correctement. La
reconnaissance des médicaments homéopathiques sans faire mention d’une
indication est une manière correcte d’informer le patient. Une
reconnaissance comportant une indication claire serait par contre
trompeuse pour le patient, au cas où cette indication ne s’appuierait
pas sur un avis scientifiquement fondé de la commission habilitée à
juger quelque médicament que ce soit sur base de la certitude existante.
On peut ici poser la question du remboursement des médicaments
homéopathiques dans les assurances complémentaires.
-
Les médecins et autres
professionnels de la santé doivent être avertis que la certitude
concernant les médicaments homéopathiques (ainsi que pour les autres
thérapeutiques complémentaires) est particulièrement faible, et qu’il
n’existe aucune preuve évidente que ceux-ci aient un effet supérieur au
placebo, quel que soit la maladie ou le symptôme.
-
Les patients qui
recherchent de l’aide doivent être au courant de l’absence de certitude,
non seulement parce que de tels traitements peuvent s’avérer coûteux,
mais aussi parce qu’ils peuvent entraîner le renoncement à un traitement
dont l’efficacité a par contre bel et bien été prouvée. Une telle
information vis-à-vis des patients et de leur famille est d’autant plus
importante que des sources telles qu’Internet véhiculent des
affirmations des plus fantaisistes. Informer correctement est un devoir
des autorités et des professionnels de la santé.
En Belgique comme dans d’autres pays se
pose la question de savoir s’il se justifie que de tels traitements
soient remboursés par la société ou par les institutions d’assurance
maladie : l’Académie pense que non.
*
* *
Conclusions et
propositions
En conséquence de la discussion
ci-dessus, la commission ad hoc propose à l’Académie de donner l’avis
suivant :
« En réponse à la demande qui lui a été
faite par le Comité Directeur de l’Union Professionnelle Homéopathique
de Belgique, l’Académie a examiné un document intitulé « Scientific
Framework of Homeopathy – Evidence Based Homeopathy ». Ce document
de 58 pages décrit l’état actuel de la pratique de l’homéopathie en
Europe (en Belgique, en particulier), et défend l’utilité de cette
pratique sur des bases épistémologiques et éthiques. Il défend
également l’efficacité spécifique des remèdes homéopathiques sur la base
d’arguments expérimentaux (effets biologiques des solutions hautement
diluées) et sur la base d’arguments cliniques (résultats des
méta-analyses des essais cliniques des remèdes homéopathiques comparés à
un placebo).
Après avoir affirmé que les résultats
obtenus confirment les effets thérapeutiques spécifiques des remèdes
homéopathiques appelant à un « nouveau paradigme scientifique », le
document conclut fermement : «The facts proposed in this report are
indisputable.
Homeopathy must be accepted
in the scientific framework of medicine, especially in the general
medical practice frame. Research
must be supported and amplified. Objective information is needed for
patients. Education in homeopathy encouraged in the frame of medicine.»
L’Académie ne peut souscrire aux
conclusions de ce document aux motifs suivants :
-
Les études expérimentales et cliniques visant à démontrer une
efficacité spécifique des remèdes homéopathiques, malgré leur
multiplication, continuent à donner des résultats contradictoires
alternant les résultats positifs, négatifs ou neutres, ce qui est
attendu de la distribution aléatoire des résultats d’études multiples de
qualité hétérogène comparant un placebo à un placebo (une discussion
critique détaillée de ces études peut se trouver sur le site de
l’académie : http://www.armb.be);
-
En conséquence, et compte tenu du fait que l’homéopathie ne
revendique pas le traitement de maladies sévères au pronostic mortel, il
n’est pas recommandable de consacrer une partie des budgets publics déjà
insuffisants pour la recherche médicale à de nouvelles études
expérimentales ou cliniques dans l’espoir vain de « prouver » la
spécificité des effets thérapeutiques des remèdes homéopathiques ;
-
Le paradigme de la biologie moléculaire est et reste celui qui
rend le mieux compte des phénomènes de la vie et de la maladie. Pour le
surplus il n’est pas nécessaire d’évoquer un « nouveau paradigme
scientifique » pour expliquer les effets favorables, indiscutables,
observés avec les remèdes homéopathiques : l’évolution spontanément
favorable des maladies bénignes, l’écoute attentive des praticiens et
l’effet placebo y suffisent largement ;
-
Il n’en reste pas moins vrai que la popularité du recours aux
médecines alternatives, en particulier à l’homéopathie, est un fait réel
qui démontre que ces pratiques répondent à une demande sociale forte
qu’il convient de respecter. Dans ce cadre, il est effectivement
important, pour la sécurité des patients que cette pratique soit
réservée à des médecins d’autant qu’il apparaît que les profils de
comportement des médecins généralistes pratiquant, en Belgique,
l’homéopathie ne divergent pas de ceux des praticiens de la médecine
générale conventionnelle en termes de demande d’examens (imagerie et
biologie) ni de choix thérapeutiques pour les diagnostics classiques de
la médecine conventionnelle, si ce n’est une prescription moindre
d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires. Pratiquée dans ce contexte,
l’homéopathie ne présente pas de risque en terme de santé publique, à la
réserve près que certains homéopathes convaincus par leur « nouveau
paradigme alternatif » pourraient négliger les traitements
conventionnels efficaces dans des situations comme la prophylaxie des
maladies infectieuses par la vaccination, le traitement du SIDA par les
antiviraux et du cancer par la chimiothérapie ;
-
Quoi qu’il en soit, prenant en compte les difficultés du
financement public de la sécurité sociale, la prise en charge, par
celle-ci, du coût des remèdes homéopathiques ne devrait pas répondre à
des règles différentes que celles qui sont appliquées aux médicaments
dits « de confort ».
____________________________
(1)
Il faut noter, qu’en Belgique, la loi du 29 avril 1999 classe sous
l’appellation « pratiques non conventionnelles », l’homéopathie, la
chiropraxie, l’ostéopathie et l’acupuncture. Nous avons cependant
choisi d’utiliser le terme « médecines alternatives » par référence à la
littérature scientifique internationale qui a consacré l’appellation :
« Complementary and Alternative Medicines » (CAM).
*
* *
Annexe 1
TRADUCTION FRANCAISE
Recommandations
en matière d’homéopathie
|
Les recommandations ont été
préparées par une commission spéciale composée des membres
de l'Académie, M. Bogaert (président), A. Herman, B. Himpens,
S. Scharpé, ainsi que des experts externes W. Betz, F.
Gosselinckx et P. Michielsen. La commission spéciale s'est
réunie les 27 septembre et 21 novembre 2008.
La commission permanente pour l'exercice de la compétence
d'avis de la Koninklijke Academie voor geneeskunde van
België, composée des membres de l'Académie G. De Backer
(président), B. Himpens (secrétaire général), M. Ieven, W.
Stevens, A. Van Steirteghem, S. Scharpé, M. Temmerman, G.
Laureys, J. Denekens, A. de Kruif, L. Maes et D. Declerck,
ont approuvé les recommandations le 28 février 2009. |
L’Académie s’est par le passé penchée à
plusieurs reprises sur le problème des traitements “alternatifs” ou
“complémentaires”, dont l’homéopathie (Annales et Rapports,
1975;37:111-3; 1978;40:144-5; 1980;42:152-3; 1990;52:180-216). Elle a
par ailleurs toujours souligné qu’il n’existe pas de certitude
suffisante quant à l’efficacité des traitements et médicaments
homéopathiques.
L’Académie pense qu’il est nécessaire de
revenir à nouveau sur ce problème, suite à un certain nombre de faits
récents.
-
L’arrêté royal du 14 décembre 2006 (Moniteur belge, 22 décembre
2006) qui transpose la législation européenne pour la Belgique et qui
prévoit la possibilité de reconnaître les médicaments homéopathiques,
moyennant l’application de règles particulières pour l’évaluation des
résultats de tests et d’études qui constatent leur efficacité et leur
sécurité.
-
L’arrêté royal du 20 décembre 2007 (Moniteur belge, 24 janvier
2008) concernant les nominations au sein de la Commission des
médicaments homéopathiques auprès de l’Agence Fédérale des Médicaments
et des Produits de Santé.
-
Le remboursement, par le biais de l’assurance complémentaire, des
médicaments homéopathiques par certaines sections régionales des
organismes assureurs.
-
L’organisation en mai 2008, et sous large couverture médiatique,
d’un Congrès International sur l’Homéopathie autour du thème « Evidence
Based Homeopathy ». De plus amples explications sur ce thème se
retrouvent dans une brochure publiée par les organisateurs de ce
congrès. [1]
-
L’intérêt constant de la population pour les médecines
parallèles, comme le montrent des enquêtes récentes. On peut par exemple
citer l’enquête sur la santé réalisée en 2004 dans laquelle 5,8 % des
personnes interrogées affirment avoir consulté un homéopathe au cours de
l’année précédente.
L’Académie répète que la base sur
laquelle repose les thérapeutiques homéopathiques (dilution extrême,
« dynamisation » par secouement, …) n’a pas de fondement scientifique.
Cette médecine ne peut par conséquent être acceptée avant que soit
produite la certitude de son efficacité.
Les témoignages personnels de patients
satisfaits ne peuvent être considérés comme des preuves suffisantes de
l’efficacité d’un traitement, car nous ne connaissons pas le nombre de
personnes l’ayant essayé, ni combien en ressentir spontanément les
effets bénéfiques, ni combien ne virent aucune amélioration, bref, nous
ne savons pas si le traitement est plus efficace qu’une absence de
traitement ou qu’un placebo. De tels témoignages personnels ne peuvent
se substituer au fondement scientifique.
Une certitude convaincante ne peut être
obtenue qu’au moyen d’études cliniques rigoureuses. Ces dernières
années, les études cliniques concernant les médicaments homéopathiques
ont été à maintes reprises synthétisées dans des bilans systématiques et
des méta-analyses. L’importance des méta-analyses réside dans le fait de
rassembler des études homogènes de grande qualité portant sur un sujet
bien défini. Les méta-analyses sur l’homéopathie ne satisfont pas à ces
critères de qualité: il s’agit du regroupement d’études sur des
symptômes et des pathologies des plus divers et sur des traitements
homéopathiques des plus diversifiés.
Les conclusions de ces méta-analyses se
trouvent en l’annexe.
Ces méta-analyses et bilans systématiques
ont donné lieu à de nombreux éditoriaux, commentaires et courriers de
lecteurs dont ressort, une fois de plus, le contraste entre « croyants »
et « non-croyants ». Les « croyants » ont ainsi fait paraître récemment
un article pointant que certaines options méthodologiques prises lors de
la méta-analyse de Shang et al. (cfr. ci-dessous) peuvent être
contestées. [2]
La brochure rédigée en préparation au
Congrès International sur l’Homéopathie de mai 2000 tire la conclusion
suivante de ces méta-analyses : “La conclusion de tous les bilans
systématiques détaillés était que l’homéopathie a un effet positif et
spécifique plus important que le placebo seul”[1]. Il s’agit d’une
conclusion erronée. Une lecture correcte des conclusions de ces
méta-analyses confirme ce qu’avait déjà souligné l’Académie, à savoir
que la certitude concernant l’efficacité des thérapeutiques et
médicaments homéopathiques est insuffisante. On peut, tout au mieux,
tirer de ces analyses la conclusion qu’il n’est pas certain que les
traitements homéopathiques soient plus efficaces qu’un placebo.
Que cela signifie-t-il pour les
autorités, les médecins et autres professionnels de la santé, et pour
les patients et leur famille?
- Les autorités ont le devoir de
s’assurer que chacun soit informé correctement. La reconnaissance des
médicaments homéopathiques sans faire mention d’une indication est une
manière correcte d’informer le patient. Une reconnaissance comportant
une indication claire serait par contre trompeuse pour le patient, au
cas où cette indication ne s’appuierait pas sur un avis scientifiquement
fondé de la commission habilitée à juger quelque médicament que ce soit
sur base de la certitude existante. On peut ici poser la question du
remboursement des médicaments homéopathiques dans les assurances
complémentaires.
- Les médecins et autres professionnels
de la santé doivent être avertis que la certitude concernant les
médicaments homéopathiques (ainsi que pour les autres thérapeutiques
complémentaires) est particulièrement faible, et qu’il n’existe aucune
preuve évidente que ceux-ci aient un effet supérieur au placebo, quel
que soit la maladie ou le symptôme.
- Les patients qui recherchent de l’aide
doivent être au courant de l’absence de certitude, non seulement parce
que de tels traitements peuvent s’avérer coûteux, mais aussi parce
qu’ils peuvent entraîner le renoncement à un traitement dont
l’efficacité a par contre bel et bien été prouvée. Une telle information
vis-à-vis des patients et de leur famille est d’autant plus importante
que des sources telles qu’Internet véhiculent des affirmations des plus
fantaisistes. Informer correctement est un devoir des autorités et des
professionnels de la santé.
En Belgique comme dans d’autres pays se
pose la question de savoir s’il se justifie que de tels traitements
soient remboursés par la société ou par les institutions d’assurance
maladie : l’Académie pense que non.
Références
1.
Van Wasssenhoven, M., Scientific framework of Homeopathy.
Evidence Based Homeopathy. 2008, European Committee for Homeopathy.
p. 52.
2.
Lüdtke, R., Rutten, A.L.B., Les conclusions de l’efficacité de
l’homéopathie dépend fortement de la série des tests analysés.
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Annexe : Conclusions de méta-analyses
récentes
Kleijnen et al. Clinical
trials of homoeopathy. BMJ 1991;302:316-23 “Conclusions – At the
moment the evidence of clinical trials is positive but not sufficient to
draw definitive conclusions because most trials are of low
methodological quality and because of the unknown role or publication
bias. This indicates that there is a legitimate case for further
evaluation of homoeopathy, but only by means of well performed trials.”
Linde et al. Are the
clinical effects of homoeopathy placebo effects? A meta-analysis of
placebo-controlled trials. The Lancet 1997;350:834-43
“Interpretation. The
results of our meta-analysis are not compatible with the hypothesis that
the clinical effects of homoeopathy are completely due to placebo.
However, we found insufficient evidence from these studies that
homoeopathy is clearly efficacious for any single clinical condition.
Further research on homoeopathy is warranted provided it is rigorous and
systematic.”
Linde and Melchart The
Journal of Alternative and Complementary Medicine 1998;4:371-88
“Conclusion: The results of
the available randomized trials suggest that individualized homeopathy
has an effect over placebo. The evidence, however, is not convincing
because of methodological shortcomings and inconsistencies. Future
research should focus on replication of existing promising studies. New
randomized studies should be preceded by pilot studies.”
Cucherat et al. Evidence of
clinical efficacy of homeopathy. Eur J Clin Pharmacol 2000;56:27-33
(Project undertaken as one component of a report prepared for the
European Parliament by the Brussels Commission)
“Conclusions: There is some
evidence that homeopathic treatments are more effective than placebo;
however, the strength of this evidence is low because of the low
methodological quality of the trials. Studies of high methodological
quality were more likely to be negative than the lower quality studies.
Further high quality studies are needed to confirm these results.”
En 2002 le Professeur E.
Ernst a effectué un bilan et une analyse des méta-analyses existantes (A
systematic review of systematic reviews of homeopathy; Br J Clin
Pharmacol 2002;54:577-82) et conclut comme suit: “there was no
homeopathic remedy that was demonstrated to yield clinical effects that
are convincingly different from placebo. It is concluded that the best
clinical evidence for homeopathy available to date does not warrant
positive recommendations for its use in clinical practice.”
Shang et al. Are the
clinical effects of homoeopathy placebo effects? Comparative study of
placebo-controlled trials of homoeopathy and allopathy. The Lancet
2005;366:726-32
“Interpretation. Biases
are present in placebo-controlled trials of both homoeopathy and
conventional medicine. When account was taken for these biases in the
analysis, there was weak evidence for a specific effect of homoeopathic
remedies, but strong evidence for specific effects of conventional
interventions. This finding is compatible with the notion that the
clinical effects of homoeopathy are placebo effects.”
*
* *
Annexe 2
Conclusions du document
Scientific Framework of Homeopathy Evidence Based Homeopathy
- Homeopathy is
mostly used in medicine in the framework of general practice (but also
by gynaecologists, paediatricians, etc) and is used by patients of all
ages ;
- The respect for
patients’rights means that the patient must be informed about all
possible therapies that could be used to improve his/her health and also
about the therapeutic possibilities of homeopathic medicines even when
in hospital.
- The absence of a
correct medical diagnosis at the start of a treatment is currently the
only possible risk when using homeopathy as treatment. That is why it is
necessary that medical doctors are dedicated to the practice of
homeopathy.
- The level of
evidence obtained for numerous diagnoses is sufficient to accredit
homeopathic practice in the scientific framework of the general
practice.
- The use of
homeopathy in general practice may imply a reduction in costs for public
health. These savings are coming from a reduction of prescribed
conventional remedies, a reduction in the number of consultations and a
reduction in the number of days absent from work.
- The number of
competent homeopathic physicians is not sufficient to cover the demand
of the population. Therefore it is important to promote information
sessions and education into homeopathy in the framework of the general
practice.
- University
research on homeopathy must be encouraged, stimulated and supported by
the public health authorities.
- Basic research
results and veterinary research results are confirming the obtained
results by humans. This is a specific effect supported by a new
scientific paradigm.
- The internal
evidence is validating and confirming the effects of the medical
homeopathic method.