Le niveau des connaissances sur le cancer
du sein ne permet pas, à lheure actuelle, denvisager une prévention
primaire ;
Lefficacité du dépistage de masse du cancer du sein par
mammographie seule fait lobjet de débats contradictoires, certaines études
démontrant quil réduit la mortalité par cancer du sein dans les populations
concernées, dautres études naboutissant pas aux mêmes conclusions ;
les résultats sont dépendants dune série de facteurs qui sont eux-mêmes
influencés par des facteurs culturels et par la manière dont les soins de santé sont
organisés dans une communauté ; se fondant sur ces résultats, un dépistage
systématique du cancer du sein par mammographie a été développé dans plusieurs pays
européens ; récemment, cette approche a été mise en cause à nouveau par des
scientifiques sur la base de résultats de revues systématiques de métaanalyses et non
sur la base de nouvelles études ; le débat reste important ;
Le programme de dépistage par mammographie chez les femmes de 50 à 69
ans, qui résulte dun protocole daccord entre les communautés et le
Gouvernement Fédéral, doit être encouragé tout en sachant, quil doit être
limité aux femmes asymptomatiques ; on peut regretter que ce dépistage du cancer du
sein par mammographie ait été dissocié de lensemble de lexamen
gynécologique préventif ;
Une évaluation rigoureuse par un comité scientifique compétent,
regroupant toutes les parties concernées (médecins généralistes, radiologues,
anatomo-pathologistes, gynécologues, sénologues, épidémiologistes et représentants de
la population ciblée par le dépistage,
) devra être réalisée ; cette
évaluation implique la création dun registre fédéral des pathologies
mammaires ; le comité scientifique devrait être constitué en concertation avec les
Académies Royales de Médecine ; il devrait avoir comme objectif dans un premier
temps dévaluer la procédure utilisée dans le programme et de juger
régulièrement des effets du programme en terme de bénéfice et defficacité des
coûts ; ceci implique que toutes les informations qui sont nécessaires pour juger
de lutilité, de la sécurité et de limpact en matière déconomie de
la santé, soient collectées dune manière fiable. Ceci requiert de collecter des
données actualisées et fiables sur la participation au programme et son impact
psychologique, un relevé soigneux de moyens investis, des données sur le contrôle de
qualité à différents niveaux du programme et surtout des résultats sur
lincidence, la morbidité et la mortalité du cancer du sein dans toutes ses
facettes dans le groupe cible ;
Le programme de dépistage doit être organisé de façon telle que les
personnes se présentant à la mammographie ainsi que les médecins traitants soient
clairement informés de la portée et des limites de la méthode utilisée ;
Les femmes symptomatiques et les personnes à haut risque doivent être
adressées directement à un médecin ayant une compétence particulière en sénologie
pour examen multidisciplinaire (clinique, mammographique, échographique,
) ;
Par ailleurs, au-delà de lorganisation du programme de
dépistage, il convient dorganiser et de reconnaître des centres intégrés de
sénologie pour la prise en charge des femmes à risque ou symptomatiques et de celles
dont la mammographie est positive.
Ce rapport a été approuvé par
lAcadémie royale de Médecine de Belgique
en sa séance du 25 janvier 2003